Voy. plus haut, chap. ii, p. 33, et chap. m, p
3. On trouvera ci-aprèd, Appendice III, un cahier de village dresse
emplois judiciaires et administratifs , le commerce, rindusirie, la science, les lettres, les beaux-arts, les professions libérales et les professions lucratives Télexaient en considération, et créaient pour elle, sous mille formes , des positions importantes , ce qui dans Torigine avait fait sa force et son lustre, la liberté municipale, déclinait rapidement. La législation du zv« siècle avait enlevé aux magistrats des villes Tautorité militaire, celle du xvi* leur enleva la juridiction civile, restreignit leur juridiction criminelle, et soumit à un contrôle de plus en plus rigoureux leur administration financière. Le privilège de communauté libre et quasisouveraine, qui avait protégé la renaissance et les premiers développements de Tordre civil, fut traité de la même manière que les privilèges féodaux, et passa comme eux sous le niveau du pouvoir royal , dont chaque envahissement était alors un pas vers la civilisation et vers Tunité nationale. Mais la noblesse perdait, et ses pertes étaient irréparables; la bourgeoisie perdait, et ses pertes n'étaient qu'apparentes; si on lui fermait le chemin battu, de nouvelles et plus larges voies s'ouvraient aussitôt devant elle. L'élévation continue du tiers état est le fait dominant et comme la loi de notre histoire. Cette loi providentielle s'est exécutée plus d'une fois à Tinsu de ceux qui en étaient les agents, à Tinsu ou même avec les regrets de ceux qui devaient en recueillir le fruit. Les uns pensaient ne
travailler que pour eux-mêmes, les autres, s' attachant au souvenir des garanties détruites ou éludées par le pouvoir, croyaient reculer pendant qu'ils avançaient toujours. Ainsi a marché le tiers état depuis son avènement jusqu'aux dernières années du xvm* siècle; vint alors un jour où Ton put dire qu'il n'était rien dans Tordre politique ^ et, le lendemain de ce jour^ ses représentants aux états généraux, se déclarant investis de la souveraineté nationale, abolissaient le régime des ordres^ et fondaient en France l'unité sociale^ Tégalité civile et la liberté constitutionnelle.
I. Voy. le célèbre pamphlet de Sieyèa .• Qu*eii-ce que le tiers éiaïf
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