‹ Essai sur lh́istoire de la formation et des progrès du Tiers État: suivi de deux fragments duChapitre 26 sur 64 · Voyez la liste donnée ci-après, Appendice H · texte numérisé non relu

Voyez la liste donnée ci-après, Appendice H

différences du cérémonial à son égard*; l'orateur de la noblesse s'écria dans sa harangue : « Elle reprendra sa ce première splendeur cette noblesse tant abaissée main- « tenant par quelques-uns de Tordre inférieur sous préa texte de quelques charges ; ils verront tantôt la difféa renée qu'il y a d'eux à nous ^ ». La même affectation de morgue d'une part, la même susceptibilité de l'autre , accompagnèrent presque toutes les communications de la chambre noble avec la chambre bourgeoise. Quand il s'agit d'établir un ordre pour les travaux , le clergé et la noblesse s'accordèrent ensemble y mais le tiers état, par défiance de ce qui venait d'eux, s'isola et fit tomber leur plan, quoique bon. Peu après, la noblesse tenta une agression contre la haute bourgeoisie; elle résolut de demander au roi la surséance , et par suite la suppression du droit annuel dont le bail allait finir, et elle obtint pour cette requête l'assentiment du clergé. La proposition des deux ordres fut adressée au tiers état, qu'elle mit dans l'alternative, ou de se joindre à eux et de livrer ainsi les premiers de ses membres à la jalousie de leurs rivaux, ou, s'il refusait son adhé-

4. « Je remarquai que mondit sieur le chancelier, parlant en sa harangue à Messieurs du clergé et de la noblesse, mettoit la main h son bonnet carré , et se découvroit, ce qu'il ne fit point lorsqu'il parloit au tiers état. • (Relation des états généraux dc16U, par Florimond Rapine, député du tiers élat de Nivernais, Des étais géné^ rffuaî, etc., t. XV 1, p. 402.)

9. Mercure françois , 8« conUnuaUoD, t. III, année 46U, p. 83. I, 47

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sion , d'encourir le blâme de défendi'e par égoîstne un privilège qui blessait la raison publique ^ et ajoutait un nouvel abus à la vénalité des charges^

Le tiers état fit preuve d'abnégation. Il adhéra, contre son intérêt ^ à la demande dé suspension de la taxe moyennant laquelle lés offices étaient héréditaires; et pour que cette demande eût toute sa portée logique, il la compléta par celle de Tabolition de la vénalité '. Mais exigeant des deux autres ordres sacrifice pour sacrifice^ il léô requit de solliciter conjointement avec lui la surséance des pensions, dont le chiffre avait doublé eil moins de quatre ans", et la réduction des tailles devenues accablantes pour le peuple. Sa réponse présentait comme connexes les trois propositions suivantes : supplier le roi, !• de remettre pour Tannée courante un quart de la taille, 3<>de fiuspendre la perception dti

1. aEa quelle estime flous auront nos provinces, quand elles oYront que d'un courage viril nous aurons méprisé notre propre intérêt, demandant que les charges que noub possédons héréditaire* ment soient vouées au public, aux plus capables et estimés, et non retenues par ceux qui ont le plus de biens, de richesses et de crédit!*.. Alors nous contraindrons les médisans à prendre autre con*( fiance de nous, quMIs n*ont pas, eux qui nous ont estimés être du tout contraires à la révocation de l'inique parti de la paulette. D'autant que la plupart de cette compagnie possède les charges plus releva et honorables du royaume, d'autant plus nous devons nous porter, par la liberté et sincérité des états et l'obligaUon de nos consciences, à rabolition de ce droit qui fomente l'ignorance, ferme la porte & la vertu et à la doctrine. » (Discours du lieutenant général de Saintes, Relation des états de 46U par Florimond Rapine, p. 46^.}

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