SUR BART. BORGHESI
romain. Plus que toute autre cause, l'unité de l'empire favorisa la diffusion de la loi du Christ, et servit à l'accomplissement des voies de la Providence. Bossuet, avec toute la hauteur de sa raison et l'autorité de son génie, a trop bien démontré cette grande vérité pour qu'elle ait désormais besoin de preuves nouvelles. Cependant il ne saurait être indifférent de la voir confirmée par l'examen des monuments ; de pénétrer dans les détails d'une administration qui, croyant conjurer un danger, l'appelait en rapportant tout à elle ; d'étudier sur des documents contemporains les ressorts cachés à l'aide desquels l'empire marchait vers cette unité providentielle.
Là commence la tâche de l'épigraphie, et ses modestes recherches ont, sous ce rapport, une véritable utilité. Depuis plusieurs années je rassemble des matériaux et j'espère publier bientôt la première partie de mon travail, comprenant les règnes de Nerva et de Trajan. Aujourd'hui une circonstance particulière m'a fait devancer l'ordre des temps, et j'ai dû écrire quelques pages sur Marc-Aurèle. Il mérite mieux qu'un essai ; j'aurai hâte d'y revenir. « Rien n'est capable de faire oublier le premier Antonin, dit
xxxn NOTICE SUR BART. BORGHESI.
Montesquieu, que Marc-Aurèle qu'il adopta. On sent en soi-même un plaisir secret quand on parle de cet empereur ; on ne peut lire sa vie sans ime espèce d'attendrissement : tel est l'effet qu'elle produit, qu'on a meilleure opinion de soi-même parce qu'on a meilleure opinion des hommes. »