‹ Essai sur Marc-AurèleChapitre 2 sur 16 · SUR BART. BORGHESI. T · texte numérisé non relu

SUR BART. BORGHESI. T

voyante élasticité, qui savait s'adapter aux nécessités de chaque époque (i).

Il y a dix-sept ans que j'ai eu Thonneur de connaître M. Borghesi pour la première fois.

M. Villemain, alors ministre de l'instruction pu-

(1) Dans une intéressante notice publiée sur M. Borghesi par M. Ernest Desjardins (Revue ai^chéologique , nouvelle série, 1'* année^ mai et juin) ce jeune savant a donné une liste à peu près complète des publications du célèbre épigraphiste insérées dans divers recueils ou journaux littéraires de l'Italie. J^ai été assez heureux, ainsi que M. Desjardins a bien voulu le dire dans les termes les plus obligeants, pour pouvoir lui fournir à ce sujet les renseignements que j'avais recueillis, soit à Saint- Marin, soit à la bibliothèque publique de la petite ville de Savignano, patrie de Borghesi, et à laquelle il aimait à faire don des tirages particuliers de ces précieuses monographies dont souvent il ne conservait pas pour lui-même un seul exemplaire. On verra, dans la liste publiée par M. Desjardins, quelle variété de sujets différents se trouve élucidée par les travaux de l'illustre archéologue. Quelques-uns de ces Mémoires sont des traités complets sur les sujets les plus intéressants de l'antiquité romaine. Tels sont : l'article sur un fragment des fastes sacerdotaux, inséré dans le volume des Mémoires de l'Institut archéologique ; le nouveau diplôme militaire de Trajan Dèce ; le Mémoire sur rinscription de Burbuléius, où les différentes charges militaires et administratives de lempire sont étudiées sous un jour tout nouveau ; le compte rendu du recueil des inscriptions rhénanes, par Steiner, dans lequel on voit l'histoire de toutes les légions qui se sont trouvées en garnison sur les bords du Rhin. Son Mémoire sur deux inscriptions de Fuligno, ses articles sur l'époque où a vécu Juvénal, sur Tinscription de la porte Marcia à Pérouse, sur Tinscriplion honoraire de Concordia, sur un fragment des fastes de Lucera, sur la famille Nératia, à propos de

VI NOTICE

blique, venait d'annoncer à l'Europe savante la publication d'un recueil général des inscriptions latines, publié sous les auspices du gouvernement français ; cette promesse avait été accueillie de toutes parts avec la plus grande sympathie. Les progrès de l'archéologie, les résultats inespérés de fouilles entreprises dans un but scientifique, les voyages accomplis dans les provinces les moins explorées de l'ancien monde romain, la conquête de l'Algérie par nos armes, venaient de faire surgir une grande quantité d'inscriptions nouvelles ( I ) . Leur nombre, chaque jour croissant, rendait plus que jamais désirable la création d'un recueil unique où seraient réunis aux travaux des anciens collecteurs les travaux postérieurs, les collections partielles, les récentes découvertes ; en un mot une foule de matériaux

nouvelles inscriptions découvertes à Saepinum^ sur les Silanus, etc., etc., prouvent à quel point il avait su se rendre familières l'histoire des institutions et celle des familles.

(1) On sait que M. Léon Rénier a recueilli en Afrique et vient de publier, avec la plus scrupuleuse et la plus intelligente exactitude, plus de quatre mille inscriptions inédites, c^est-à-dire la plus riche récolte de monuments lapidaires donnée au public depuis l'apparition des grands recueils de Gruter ou de Muratori bien éloignés, d'ailleurs , d'offrir la même sûreté de lecture et la même critique.

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disséminés dans tous les pays sans véritable profit pour la science, et qui avaient tout à gagner au rapprochement ou à la comparaison des monuments entre eux.

Une commission, composée de l'élite des érudits dont s'honore la France, fut instituée à cet effet. M. Egger, secrétaire de cette commission, fixa dans un rapport lucide le plan, l'ordre, les principales divisions du recueil projeté. L'exécution en fut confiée à un savant éditeur, auquel le ministre rendait justice quand il lui écrivait : « Que l'habileté dont il avait fait preuve dans de grands travaux analogues répondait d'avance du soin actif et éclairé avec lequel serait conduite la grande entreprise littéraire dont il se chargeait (i). » La réalisation d'une œuvre dont l'im-

(1) Lettre de M. Villemain à M. Ambroise Firmin Didot, en date du 14 août 1844. La commission était composée de MM. Letronne, Naudet, Burnouf père, Hase, Victor Le Clerc, Bureau de la Malle, Thierry, Patin, Giraud, Le Prévost, Nisard, Danton, Rinn, Gibon, Gérusez, Quicherat, Dûbner, Havet, Egger, secrétaire. Un comité choisi au sein de cette commission fut chargé plus spécialement de la haute surveillance des travaux préparatoires. Le programme une fois adopté, on se mit àl'œuvre. Tandis que des secrétaires-éditeurs travaillaient au dépouillement des anciennes collections, au classement des matériaux, à la révision des textes, des correspondants avaient été désignés en

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