‹ Essai sur Marc-AurèleChapitre 4 sur 16 · SUR BART. BORGHESI. IX · texte numérisé non relu

SUR BART. BORGHESI. IX

Sur le haut du mont Titan, pic détaché de la chaîne des Apennins et s'avançant, comme un promontoire, dans les plaines de la Romagne, s'élève une modeste bourgade qui, depuis quatorze cents ans, conserve le privilège d'être le plus petit des États de l'Europe. Du sommet sourcilleux où cette république en miniature se cache au sein des nuages dès que l'orage obscur-

de son temps. Passionné pour Tantiquité, il fit donner à son fils l'éducation la plus savante, et, dès Tàge de onze ans, répondant à des soins si intelligents, le jeune élève écrivait une dissertation numismatique qui a eu les honneurs de l'impression. Après avoir achevé ses études à Bologne, il s'occupa de diplomatique, et déchiffrait à Ra venue les chartes poudreuses de Saint- Vital, lorsqu'il s'aperçut que cette docte poussière et ces caractères effacés fatiguaient en lui l'organe de la vue. Il revint alors à ses premières études, et renonça aux souvenirs du moyen âge pour ne plus s'occuper que des antiquités romaines. A Rome, où il reçut les leçons de Gaeteno Marini, M. Borghesi sentit se développer en lui le goût de l'épigraphie, qui devint bientôt sa passion dominante. Pendant vingt années, il parcourut les villes principales de Tltalie, Turin, Milan, Florence, se liant, par l'attrait d^une passion commune, avec tous les épigraphistes de son époque, recueillant des matériaux, améliorant les éléments du grand travail qu^il préparait dès lors sur la suite complète des fastes copsulaires; et lorsqu 'après avoir ainsi butiné, il se fut retiré dans sa cellule à Saint-Marin, comme l'abeille qui veut faire son miel, il n'en descendit plus qu'en 1842, pour se rendre à Rome, où, chargé d'une mission diplomatique, il allait soutenir les intérêts de la petite république dont il s'était fait une seconde patrie.

X NOTICK

cit rhorizon, elle a vu passer bien des invasions et s'écrouler bien des empires. C'est là qu'à la suite des troubles de 1821 M. Borghesi vint s'abriter contre les tracasseries d'agents politiques dont l'inquiétude pour l'avenir redoutait jusqu'à ceux qui s'occupaient du passé. C'est là qu'il m'accueillit avec la plus franche cordialité et que je suis revenu souvent lui demander des leçons ou des conseils. L'annonce d'un recueil complet des inscriptions latines de l'antiquité ne pouvait être reçue qu'avec le plus vif empressement par le savant épigraphiste, et je me présentais à lui sous les meilleurs auspices.

ce J'approuverai sans réserve, me dit-il, tout a projet qui ne se bornera pas à la publication ce d'un nouveau supplément aux grandes colleccc tions d'épigraphie. Je vous le répète aujour-ce d'hui, ainsi que je le disais à Kellermann, il y a ce quelques années (i), il est temps enfin qu'on

(i) En 1831^ un jeune Danois fit paraître à Munich une thèse inaugurale sur l'art militaire chez les anciens. Ce travail, accueilli avec bienveillance par les savants de TAllemagne, lui valut/ de la part de son gouvernement, la faveur d'aller à Rome pour préparer des travaux plus importants sur le sujet qu'il venait d'adopter. A peine arrivé dans la ville éternelle, Olaùs Kellermann, c'était son nom, s'adonna tout entier à l'étude de Tépigra-

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