XXIV NOTICE
criptions latines; mais il s'effrayait de la hardiesse des systèmes historiques adoptes en Allemagne. Son esprit, accoutumé aux déductions
logiques de l'épigraphie, n'acceptait qu'avec peine ces grands bouleversements où il est plus facile de faire place nette que de construire un nouvel édifice en remplacement de celui qui s'écroule. Niebuhr fut mis en cause, et je fis, peutêtre à dessein, un éloge quelque peu outré de ses audacieuses hypothèses : « Monsieur, me dit Borghesi, bondissant avec une ardeur juvénile et me saluant profondément en soulevant le bonnet grec dont il se couvrait la tête, trouvez-vous donc si facile à croire qu'un Allemand du dixneuvième siècle en sache plus sur l'histoire de la république romaine que Denys d'Halicarnasse, écrivant sous le règne du prince qui la supprima? Libre à vous ; quant à moi, permettez que j'en doute fort. — Eh ! cher maître , lui répondisje en le saluant à mon tour, comment ne pas croire aux miracles quand on a le bonheur d'entendre chaque jour celui qui, du haut de son rocher, corrige tant d'erreurs jusque dans les fastes de Tite-Live ? »
C'est dans ces entretiens, où la passion de