GARE
digressions sur le monde invisible, sur la croyance qui est due aux « choses fées » et sur cet assemblage singulier etimmuable des sept arts libéraux qui constitua la somme de la science au Moyen Age.
Que Jean d'Arras sorte de ce fatras, on ne le Écoinal plus. Les proverbes qu'il sème à travers son récit sont savoureux ’. Son style, il est vrai, est souvent gauche et pauvre. Les transitions sont maladroites et ne varient guère, « Que vous ferai-je longues paroles? A quoi bon vous démener la chose plus longuement? Or cesserai-je de vous parler »°. Trop souvent ses personnages « ne savent que penser »‘. Les louanges qu'il met dans la bouche des bonnes gens béant à la vue des enfants de Mélusine, sont les mêmes en tout temps et en tout lieu. « Ces hommes sont dignes de conquêter le monde. Cet homme est pour soumettre le monde en son obéissance »'. On dirait que leurs admirateurs de l'Asie et de l’Europe se sont donné le mot. Les récits de batailles sont embarrassés de redites. « Là eut grande occision. Là eut grande mortalité. Là eut maint homme mort et blessé. Il y en eut des morts et des blessés. »°,
Mais en général, la langue est sobre, ferme, nette, éloquente et touchante dans la harangue d'Urian avant la
Que l’umain entendement s'aplique
Naturelment à concevoir
Et à apprendre et à savoir (Mellusine, vers 1 5s.).
On reconnaît à peine la pensée d’Aristote dans le galimatias de Jean
{ d'Arras : La créature de Dieu raisonnable doit entendre, selon que dit
Aristote... (Fol. 1, ve, 1" col.).
1. Fol. t, v°,2 col. — à, ve, 1 col.: 5, r-, 2 col.; 165, r°, x col. — 168, r-, 1® col.
2. Appendice. Proverbes, sentences et locutions proverbiales dans le roman de Mélusine.
3. Fol. 26, ve, 1° col. ; go, r, 17° col. ; 154, v°, 1" col.; 49, v°, ie col. ; 141, ve, 1" col.