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git pas en grande multitude de peuple mais en bon gouvernement. Alexandre qui conquit tant de pays, ne voulut jamais avoir plus de dix mille hommes d'armes contre tout le monde pour une journée de bataille. Plus point un grain de poivre qu'un setier de froment »'. Urian exagère. Tite Live, Justin, Arrien, Plutarque, dans le seul endroit où ils donnent le nombre des soldats d'Alexandre, parlent d'un peu plus de trente mille fantassins et de quatre à cinq mille cavaliers’. Mais Urian ne se proposait pas de conquérir l'Asie.
César marchant contre Arioviste sait que l'on a peur dans son armée. Il ne veut garder que des braves, il invite les mous et les lâches à ne pas s’exposer au péril. Urian, avant la bataille contre les Sarrasins, Antoine et Renaud, au moment de surprendre le camp du roi d'Alsace, répètent ses paroles avec une nuance chrétienne et une raideur toute militaire. « S'il y a en cette place homme qui n'ait pas bonne volonté de venir à la bataille, qui ne sente son cœur assez ferme pour attendre l'aventure qu'il plaira à Dieu de nous envoyer, qu'il se retire, car pour un seul couard failli une aflaire est quelquefois perdue »°. Mais les « nobles cœurs » qui les entendaient ne répondirent pas comme les capitaines efléminés qui n'avaient suivi César que pour s'enrichir.
av LIVRES DES MERVEILLES
Le plus ancien que Jean d'Arras paraisse avoir connu est un bestiaire, le Livre des monstres et des bêtes féroces, dont il existe un manuscrit du X:° siècle. Il s’y trouve, ainsi