Marco Polo, pp
amplement accueillie dans la bibliothèque du duc de Berry. Il fait certainement allusion au grand explorateur lorsqu'il invoque le témoignage de ces « hommes vaquant par universes contrées par qui sont toutes choses sues »'. Mais les régions que Murco Polo visitait n'étaient pas les pays de Mélusine et des enfants de la fée de Lusignan. Cependant Jean d'Arras semble lui avoir fait des emprunts. Il applique aux Allemands ce que Marco Polo dit des Curdes : « Il y a de très mauvaises gens en ce pays-là, et qui volontiers dérobent les passants »'. Le très grand et beau palais du roi d'or dans le noble château de Cathay avec sa grande salle toute dorée, ornée de belles peintures et des portraits de tous les rois qui furent anciennement en Chine ressemble singulièrement au Chàteau de l’Epervier avec sa chambre entourée des images peintes des chevaliers qui dormirent*.
Mandeville convenait mieux à l’auteur de Mélusine. Tout y est faux. Le nom de l'auteur, celui d’un chevalier anglais mort à Liège en 1372, est supposé. Le véritable auteur, un Liégeois, Jean d'Outremeuse, n'avait peut-être jamais quitté son pays. Le livre n'est composé que de larcins dont Vincent de Beauvais est la principale victime. Jean d'Arras traite de même le plagiaire. |
Urian et Guion arrivent dans l'île de Chypre au cap Saint-André. « En Chypre », dit Outremeuse, « il y a la colline de la Sainte-Croix et là est une abbaye de moines noirs, et la croix de Dismas, le bon larron. »« Ils voient », dit Jean d'Arras, « une abbaye sur un cap au-dessous d'une montagne qu’on appelait la Montagne noire. On y
2. Encore y a une autre maniere de gent... es montaignes de ces contrées,.. moult mauvaise gent, qui robent volentiers les marchans. (Marco Polo, p. 48). Car il y a males gens en ce pays là, et qui voulentiers desrobent le trespassans (Fol. 150, v°, 2° col.).