Marco Polo, p
4. Mandeville's Travels, transiated from the French of Jean d'Outremeuse. Edited from Ms. Cotton Titus c XVI,in the British Museum by P. Hamelius. Vol. I. Text. London. Publishe 1 for the Early ‘nglish text Society. 1919. Introduction, pp. 1, 13
pp
honorait monseigneur saint André. Et l'on dit que la se trouve la potence où Dismas, le bon larron, fut crucifié quand Notre-Seigneur, par sa sainte grâce, fut mis en la croix sanctissime pour notre rédemption‘.
Jean d'Arras a pris à Mandeville l’histoire du Château de l'Epervier. Longtemps après la disparition de Mélusine et le trépas de son fils Guion, premier roi de Lusignan de la Petite Arménie, un successeur de Guion tente l'aventure de l'Epervier : « L'histoire nous dit qu'il y eut en Arménie un roi qui était jeune homme, en sa fleur de beauté, bouillant de force et de vigueur, plein de sa volonté et d'outrecuidance, hardi et violent comme un lionceau. Il apprit par certains chevaliers voyageurs qu'il y avait en la Grande Arménie un riche château et que la dame de ce château était la plus belle que l’on sût au monde et qu'elle avait un épervier et toutes les conditions de l'aventure. Le roi dit que pour certain il irait et ne demanderait à la dame d'autre don que celui de sa personne. » Le roi, charmé par les merveilles de richesse que renferme le château, par les tableaux où l'on a retracé l'histoire d’Elinas, de Presine et de leurs filles, triomphe du sommeil, malgré les séductions d’une table délicieusement servie.
Au matin du quatrième jour, Mélior se montre. « L'aube creva et vint le jour, et comme le soleil se levait, la dame du château entra. Elle était si belle que le roi en fut dans le ravissecment. Elle salua le roi et lui dit : « Sire, soyez le très bien venu et certes vous avez fait bien et vaillamment votre devoir. Demandez maintenant le don qu'il vous plaira de choses conformes à l'honneur et à la raison et vous l’obtiendrez sans attendre. »
« Alors le roi qui était tout épris de l'amour d'elle : « Par ma foi, madame, je ne veux ni or, ni argent, ui terre, ni héritage, bonne ville, château, ni cité. Dieu merci,
1. In Cipre is the hill of the holy cros and there is an abbeye of monkes blake, and there is the cros of Dismas the gode theef, as i have seyd before. And summe men trowen that there is half the cross of Oure Lord, but it is not so and thei don euyll that make men to beleeve so (Mandecille, p. 19). Cpr. Fol. 45, r°, 2° col.
EN
je suis homme riche, j'ai assez et il me suffit. Mais je veux vous avoir pour femme. » — « Sire, fou musard roi », répondit la dame, « vous vous trompez, pour ce don, vous ne l'aurez pas. » — « Tenez-moi la promesse de l'aventure de ce château », répondit Île roi, « car j'ai bien fait mon devoir. » — « Je ne le conteste pas. Mais deman’ dez chose raisonnable, et vous l'aurez, car moi, vous ne pouvez m'avoir. » — « Par ma foi, je ne veux d'autre don que vous et nul autre ne vous demanderai. » — « Par Dieu », dit la dame, « roi, si tu me demandes encore, il te mésaviendra et à tes héritiers aussi, bien qu’il n’y ait faute de leur part. » — « Et toutefois », répond le roi, « je ne veux autre chose que vous, je ne suis pas venu ici pour autre chose. » |
« Quand la dame voit qu'il ne changera point son propos, elle est très courroucée : « Fol roi », dit-elle, « tu as manqué à moi et à ton don, et t'es mis en aventure de demeurer ici pour toujours. Mais n'es-tu pas descendu de la lignée du roi Guion qui fut fils de Mélusine, ma sœur ? Et je suis ta tante et, supposé que je consente à l'avoir, l'Eglise n’y consentirait pas. » Et elle lui raconta de point en point ce que vous avez entendu au chapitre du roi Elinas et aussi au chapitre des héritiers de Lusignan, et elle lui dit : « Pauvre fou, par ta musardise il te mésaviendra : car toi et les tiens vous décherrez de terre, d'avoir, d'honneur et d'héritage jusqu'à la neuvième génération, et par ta folle entreprise le neuvième de ta lignée perdra le royaume que tu tiens, et ce roi portera le nom de bête mue. Va-t-en. Ici tu ne peux plus demeurer. »
« Malgré les paroles de la dame, le roi ne voulut quitter son erreur. Il pensa prendre la dame par force, mais aussitôt elle s’'évanouit et le roi sentit descendre sur lui, aussi dru que pluie qui choit du ciel, coups orbes et horions d'un côté et d'autre : il fut tout froissé, malmené, tiré très vilainement hors de la barrière et là il fut laissé. Ilne put jamais voir pied de ceux qui ainsi le servaient. »
«Le plus tôt et le mieux qu'il put. il se redressa et mau-
dit celui qui lui apporta les nouvelles de cette aventure et l'heure qu’il y était allé. Il vint à ses gens qui voyaient bien qu'il ne retournait pas si gaillard qu'il était parti. « Monseigneur », lui demandèrent ils, « êtes-vous blessé ? Avez-vous eu bataille? » — « Je suis un peu blessé, répondit le roi « maïs bataïlle je n’ai pas eu. J’ai trop bien été battu et ne sais de qui. Je ne vis personne, mais j'ai très bien senti les horions. Et sachez que je ne me suis pas revanché, aussi n'ai-je point eu bataille, car il ne fait pas bataille celui qui donne les premiers coups, mais il la fait celui qui se revenge. »
« Aussitôt après le roi fit lever son pavillon. Il s’en alla le plus tôt qu'il put vers son pays, pensant de triste cœur aux paroles que la dame lui avait dites. Il craignit fort d'avoir perdu son bonheur, mais il se garda bien de parler à ses gens. Pourtant il se découvrit à un sien frère quand il fut aux articles de la mort. Celui-ci était déjà attendant d’avoir le royaume après lui. Le roi lui recommanda de se gouverner sagement, car il lui en était bien besoin. » |
« Ce roi dont je vous parle n'eut jamais depuis joie au cœur. [I régna très-longtemps, mais de jour en jour il fondait en déchoyant de plusieurs manières et à la fin il mourut. Ses héritiers ont eu depuis beaucoup d’ennuis et de pestilence, comme il a paru et il paraît encore au temps présent »'.