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sujets et aux partisans de l'Angleterre le roman de Jean d'Arras, et d'un coup doublé le nombre de ses lecteurs '.
On peut dire du livre de Jean d'Arras qu'il est du parti français. C'est l'un des plus rudes adversaires de l’Angleterre, le compagnon d'armes de Du Guesclin, le conquérant du Poitou ct de Lusignan, Jean de Berry, qui l'a voulu. Le poème de Couldrette est anglais. Nous devons les mauvais vers du Poitcvin à Guillaume VII, de la famille des Larchevêque, seigneurs de Parthenay. Chargé par le prince de Galles de garder Poitiers et de « faire frontière aux Français », allant avec lui au siège de Limoges dont la prise fut suivie d’affreuses cruautés, chevauchant dans la compagnie de Charles d’Andelée à travers le Berry et la Touraine, « tourmentant » le pays et « honuissaut les pauvres gens », tenant la campagne avec le comte de Pembroke et Chandos, prenant part au siège du château de la Roche-sur-Yon, convoqué pour secourir Sainte-Sévére en Limousin assiégée par Du Guesclin, combattant à Leusac, défenseur de Thouars, c'était
1. Le titre est suivant les manuscrits : Le Homan de Parthenay. Le Homan de Parthenay et de Lusignan, Le Licre ou Le Roman de Lusignan. Le Livre de la vie le Mellusigne. L'auteur se nomme dans le manuscrit 18523 de la Bibliotheque Nationale :
Tonte l'ouvrage sera fuitte, Adonc se taira Coutdrette
Couldrette répond au seigneur de Parthenay qui lui demande de mettre l'histoire de Mélusine « en rimes » :
Monseigneur, je l'ottroic.
Tousjours vostre plaisir feroic.
‘Je le feray à mon povoir :
Mais n’en vucil pas le los avoir.
Se los Y a, car autrefois
lle a este mise en françois
Et rimée, si comme on compte,
Pourquoy ce me seroit honte
De me vanter de cestui fait
Puis qu'autrefois à esté fait.
(Mellusine, p. 5).
Failil aDusion à la Mélusine de Jean d'Arras”? Mais celle-ci n'est pas rinéce, Ou y aurail-il eu réellement vu poème antericur à celui de Gouldrette. On l’a soutenu et ce serait Guillaume Machaut, l'auteur de la Prise d'Alexandrie, qui en serait l’auteur.
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un grand serviteur de l'Angleterre’. Peut-être pensait-il encore à ses maîtres anglais lorsqu'il ordonnait à Couldrette d'écrire en vers, pour que son livre se répandit davantage.
Vous me mettrez en rime l'histoire ;
Je vueil qu'elle soit rimoye,
Elle en sera plus tost oye *.
Eu effet, le poème poitevin se ressent des préférences politiques du seigneur de Parthenay. Jean d'Arras, que Couldrette suit pas à pas, n’y est pas nommé, ce qui peut s'expliquer par un autre motif. Mais il en est de même du duc de Berry et des partisans de la France, les la Rochefoucauld, les Sassenage, le roi de Chypre. En retour, les Salisbury et les Pembroke ne pouvaient être omis et l'aventure de Palestine au Canigou que Couldrette ajoute aux récits du romancier français, glorifiait « le bon chevalier d'Angleterre » franchissant mille obstacles épouvantables pour conquérir le trésor de la Terre promise ?.
Ecrite à la fin du x1v° siècle, l'histoire de Mélusine était connue dès le siècle suivant dans toute la France en Allemagne et en Angleterre ‘.
Jean d'Arras raconte une légende ‘du Poitou. Il exalte les Lusignan. Il célèbre les hauts faits des guerriers du Poitou à ce point qu'on le croirait du pays, si l'on ne savait que Jean de Berry était comte de Poitou et qu'il n'eut pas son comté sans peine et sans honneur. Cependant le nom de Jean d'Arras paraît avoir été ignoré dans les contrées dont il parle si avantageusement, et le livre lui-même, s’il ne l'a pas été, il s'en faut de peu. Aucune édition du roman de Jean d'Arras ou du poème de Coul-
1. Froissart, t. 1. pp. 330, 538, 3,8. 350. 353. 3Ry, 91 Couldrette dit que son ouvrage n'etait pas completement acheve le jour où mourut Guillaume VI, c'est-a dire le 13 mai 141.