‹ Essai sur Mélusine, roman du XIVe siècleChapitre 48 sur 130 · Fol. 164, re, 1re col · texte numérisé non relu

Fol. 164, re, 1re col

Maillezais. Mais parfois la fatigue lui en arrache qui tombent et deviennent des dolmens. Aujourd'hui l'Océan a englouti l'œuvre des Romains et celle de Mélusine. Les grandes marées seules laissent voir les ruines des sept tours qui se dressaient encore au commencement du xvin siècle sur la pointe de Châtelaillon.

La légende la plus répandue est celle des apparitions de Mélusine. De notre temps, les traditions s'effacent. Mais naguère on racontait que lorsque la Mort allait frapper le maître de l’un de ses anciens châteaux, Mélusine se faisait voir au milieu de leurs ruines. En Franche-Comté elle apparaissait à la Châtelaine et sur le donjon de Vadans, ancienne possession de la famille de Poitiers". La légende : est la même en Bohême et en Luxembourg où règnèrent deux fils de Mélusine, et en Irlande où Geoffroy à la Grand Dent fit la guerre aux vassaux rebelles de son père’. En tout lieu où Mélusine vient comme messagère de la Mort, elle fait entendre des cris lamentables. Ses hurlements effraient ceux qui passent pendant la nuit aux alentours de Brécelay et du Roc Cervelle. Pousser des cris de Mélusine est une locution proverbiale aussi bien dans les montagnes du Jura que dans le Poitou et la Touraine ?.

En se séparant de son mari, Mélusine lui annonça par deux fois qu'il ne la verrait plus « en apparence de femme, en forme féminine ». Mais elle revenait tous les soirs visiter Raimonnet et Thierry. Elle les tenait au feu. Les nourrices n’osaient dire mot. Elle continua de se faire voir aux jours de deuil fixés par Presine. Elle apparut

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