Fol. 164, v°, 1 col
La reddition de Lusignan eut lieu en 13:53 ou 13:4. Les textes et les opinions sont contradictoires : 1° En 1353, d’après la Chronique de Duguesclin, les Français tiennent en même temps trois places assiégées. Du Guesclin est devant Chisay-le-Chastel, Olivier de Clissun sous les murs de La Roche-sur-Yon et Alain de Beaumont le jeune au siège de Lusignan. La place est défendue par Creswell. Les Français se rendent maitres de Chisay, Gensay, Niort, Lusignan et de tout ce qui restait de forteresses aux Anglais en Poitou. Puis Du Guesclin marche sur Pontorson en Bretagne. — 2° D'après Froissart, la reddition de Lusignan se place peu après la victoire de Sireth rempurtée le 20 mars 1353 par Du Guesclin sur un corps d'Auglais qui venait au secours de Chisay. Les gardiens de la
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De tous ces récits ne faut-il pas conclure qu'il n’est peutêtre pas de fée dont la renommée ait été aussi durable et aussi étendue que Mélusine, qui ait laissé un plus brillant souvenir et dont il ait été conté des choses plus touchantes ? « Une dame », Jisait Brantôme, « des plus nobles en lignée, en vertu, en esprit, en magnificence et en tout,
forteresse de Sireth avaient appelé à leur secours tous ceux de la garnison de Lusignan. Jean Creswell fut fait prisonnier dans la bataille de Sireth. La capitulation de Sireth ful aussitôt suivie de celle de Niort et aprés quatre jours de repos, les Français se présentaient devant Lusignan qui se rendait à son tour. Toutes ces opérations furent conduites par Du Guesclin. Il n’est pas question du duc de Berry. La manière dont Jean d'Arras s'exprime marque bien que le duc ne prend point part au siège, « du temps que le siége était de par mon dit seigneur ». Mais le duc était à Poitiers peu après la reddition de Lusignan (Froissart, 1, pp. 3%98, 399). — 3° M. Siméon Luce pense que le sicge de Lusignan commencé par Du Guesclin en mars 1373, ne se serait terminé qu'en juin 1354. Le 30 noavembre 1373. selon les Grandes Chroniques de France, Lusignan tenait encore. Creswell, qui soutint ce long siège, aurait éte fait prisonnier lorsque la place fut reidue. M. Kerwyn de Lettenhove croit que Lusignan, pris par Du Guesclin en 1373, aurait été repris par les Anglais. Le 4 avril 1374, le duc de Lancastre faisait une convention avec Jean Creswell pour la garde du château de Lusignan (Froissart, t. XXV, table des noms, v Lusignan, p. 46). Si ceci est vrai, il faudrait admettre que Creswell aurait été rendu par les Français, serait redevenu capilaine de Lusignan et que la place ayant été assiégée de nouveau, il serait retombé en captivité. L'hypothèse est peu vraisemblable. 1] reste encore à expliquer le passage de Melusine où il est dit que la forteresse fut rendue au duc de Berry (Fol. 165, re, 1° col.).
Voici le texte de la Chronique de Duguesclin et des Grandes Chroniques de France.
1 Chronique de Duguescelin :
À ce lamps que Jertran de coi nous vous diron Estoit devant Chisee le chastel de renon,
Avoit en celui tamps Olivier de Cliçon
Asségie de prez la Hoche sur Fon
Et d'autre part y ot. 1. siège, ce dit on,
Par devant Linehon (Nariante : Lignehan) une forte maison. Là estoit Cressonnelle ens où maistre donjon,
Qui contre nos François gardoit bien son coron.
Et cil qui cappitaine fu des François de nou, Voirilest nevus Alain cilz de Beaumont,
Et avoit nom Alain, le jeune le clain'on,
A cestui manda Jertran cuer de lyon
Que sur sa garde fust, car Ængloïs à foison S'assemblent à Viors, une ville de non;
Mais on ne scet quel part vorront faire tencon,
Et quant du mandeiment oy telle leçon,
Ainsi comme Bertran ot fait celle saison,
Ainsi tiennent. 111. sieges nos François de renvn...
= Si
qui fut de son temps, voire d’autres, de laquelle il y a tant de fables ; et bien que ce soient fubles, si ne peut-on dire autrement que tout beau et bon d'elle; et si l'on veut venir à la vraie vérité, c'était un vrai soleil de son temps, de laquelle sont descendus ces braves seigneurs, princes, rois et capitaines, portant le nom de Lusignan, dont les histoires sont pleines »".
Ainsi devant Nyors vont Anglois assamblant
Tant qu'il se sont trouvé bien. Ve. corabatant ; Puis s’en vont par conseil où iront chevauchant : S'il yront à Chisec que Bertran va gardant,
Ou Roche sur Yon iiz iront dessegent.
Qu'Olivier de Cliçon va de prez contraignant
Ou s’il yront veoir par dedens le Guehant (Var. Lagnehant) Cressonnelle qui va le chastel défendant
Contre A{air de Beaumont le jeune combatant
Qui avoit asségié o lui maint homme franc.
Ainsi font li Francois 111 sièges maintenant... Ainsi prirent François Nyort et conquestèrent
Puis conquirent Chicray, où grant avoir trovérent, Et Gensai ensement par lor force gaignèrent,
Et Lesignen ausi. où fort chastel trouvèrent,
Le ber Carenlouet que François tant amèrent Estoit devant Nrors; cir Englois l’atinèrent :
Du pais de Poitou les Englois demourerent,
A force et à vertu dehors les enchassèrent.
Francois par bon accort séneschal ordenèrent D'Alain ciiz de Beaumont : en Poitou le laisserent Et puis à Ponthorson vistement en alerent
Où le duc de Sretaigne moult bien trouver cuidèrent.
(Chronique de Bertranidu Guesclin par Cuvelier, trouvère du xiv'siécie, publiée pour la première fois par E. Charrière, Paris, 1839, Collection des documents inédits sur l'histoire de France, pp. 294. 8s., vers 21.934, Ss.; PP. 296, S8., vers 22.030, 38.: pp. 312, Ss., vers 22.054, 8s.). — 2 Les Grandes Chroniques de France. Le 30 novembre (Saint André) 1333, les ducs de Berry et de Bourgogne, le connétable et grant foison de gens d’armes se présentent devant Thouars qui se tenoit pour le roi d'Angleterre. Il avait été convenu le 18 septembre précédent entre les gens du roi de France et les nobles du Poitou qui tenaient encore pour le roi anglais que, si ledit jour de la saint André les Français étaient plus forts devant la ville de Thouars que les Anglais, tous les Poitevins se mettraient en l’obéissance du roi de France. Aucun n'étant venu audit jour devant Thouars pour le roi anglais, les Français furent les plus forts. En conséquence tous ceux du Poitou, nobles et autres, se rendirent en l'obéissance du roi de France, excepté Mortagne, Lisignan et Gensay, et tous les nobles tirent hommage au duc de Berry à qui le roi de France avait donné la comté de Poitiers à heritage (Les Grandes Chroniques de France, Chroniques des règnes de Jean II et de Charles F, publiées pour la Société de l'histoire de France, par R. DELACHENAL, t. 11, 1364-1384 Paris, 1916, pp.167,88.).