De la Mure,t. Le", p. 4gt
3. H. Gainoz, Le Grand Durhé de Luxembourg, son histoire, ses institutions et ses traditions, Nouvelle Hecue, 1 et 15 octobre 1840, et La Fée Mélusine à Luxembourg, Recue Mélusine, LL V, 1890-1891, col. 169. — Une autre légende de Méiusine n'a presque rien de commun avec le récit ordinaire. On la trouvera dans Desaivre.
les circonstances du récit la désignent assez. Le comte Robert de Lutzelbourg, étant à la chasse, rencontre la fée près d'une fontaine. Elle consent à l'épouser en lui déclarant qu’elle est d'aussi bonne extraction que lui et lui impose deux conditions. Le comte ne doit pas chercher à connaître son origine. Ceci n'est pas dans le roman. Raimondin épouse Mélusine sans vouloir s'informer de quel lignage elle est, et il réplique vertement à son cousin le comte de Poitiers plus curieux que lui : « Monseigneur, puisqu'il me sufiit, il doit bien vous suffire. Je ne prends pas femme pour vous, que je sache, je la prends pour moi. J'en porterai le deuil ou la joie, ce qui à Dieu plaira. » L'autre condition est celle du secret du samedi. Le comte de Lutzelbourg fera préparer pour sa femme un appartement où elle s’enfermera. Nul, pas même son mari, ne doit s’enquérir d'elle ce jour-là.
Le comte de Lutzelbourg, de même que Raimondin, devient le plus heureux des époux et des pères. La bonté de la comtesse la fait aimer de ses sujets. Mais si Raimon:din a un mauvais frère, le comte en a deux. Leurs insinuations ont l'effet que l'on prévoit. Le comte doute de la fidélité de sa femme, il surprend la fée dans l'état que nous savons. Le lendemain, la comtesse, froide et sévère, lui reproche son manque de foi et lui explique la transformation dont il à été témoin. Sa mère, enceinte d'elle, offensa un vieil ermite. Il jeta sa malédiction sur l'enfant qui naîtrait. L'indiscrétion du mari prolongera la pénitence de sa malheureuse femme jusqu'à la consommation des siècles. « Adieu, Robert », conclut-elle, « aimez toujours vos enfants. » Elle s'envole par une fenêtre. Mais elle se fait voir à certaines époques sous la forme d'une blancheur transparente.
Les légendes les plus célèbres sont celles qui font des Sassenage la seconde famille de Mélusine et de la terre de Sassenage sa nouvelle patrie.
La famille de Sassenage est une des plus anciennes et