Froissart, II, p
requise du connétable de France que je mette moi et ma terre en l’obéissance du roi de France. Or vous savez bien que mon seigneur et mari gît prisonnier en Espagne. Ainsi toute la terre est en mon gouvernement. Je suis une femme de nulle défense, et ne puis pas faire de l'héritage de mon mari à ma volonté, car, par aventure, si je faisais aucune chose contre son plaisir, il ne m'en saurait gré et j'en prendrais bläme. Mais pour vous apaiser et ma terre mettre en paix, Je me composerai et mes gens aussi, que nous ne serons point guerroyés, et aussi nous ne ferons point de guerre ; et quand mon seigneur sera revenu de prison et retourné en Angleterre, où je crois bien qu'il se retirera, je lui signifierai cette composition. Il m'en répondra sa volonté et tantôt je vous en répondrai ». Le duc répondit : « Dame, je le vous accorde, à condition que vous, ni vos forteresses ne pourvoierez de vivres, ni d'artillerie, ni ne réconforterez autrement qu'elles sont maintenant ». Puis retourna la dame au Chastel Allart et en fit lever le siège! ». ;
C'est le fond du récit de Jean d'Arras’. La dame de Valbruyant représente la dame du Châtel Allart et Geoffroy à la Grand Dent le duc de Berry.
« La dame de Valbruyÿant avait une fille qui pouvait avoir de huit à neuf ans, qui était très belle et gracieuse et un fils qui avait environ dix ans, qui était beau et bien endoctriné. La dame monta sur un riche palefroi et fit monter à cheval ses deux enfants et six damoiselles. Deux vieux gentils hommes conduisaient par les freins les chevaux des enfants. En cet équipage. elle sortit du château.
Devant la porte elle trouva le chevalier qui apportait le mandement de Geoffroy. Elle lui fit un salut très courtois et le chevalier lui fit grande révérence, car il avait été à bonne école. « Sire chevalier », lui dit bien doucement la dame, « monseigneur mon mari n’est pas céans, et pour cela je veux aller par devers monseigneur