Œ EN + D O
- Les barons d'Albanie donnent une femme à leur seiyneur Mataquas '. Les nobles du Forez pourvoient Hervé d'une « gentille dame », sœur du comte de Poitiers’. La duchesse de Luxembourg, Chrétienne, sollicitée par le roi d'Alsace d’épouser Antoine de Lusignan, s'enrapporte à ses barons. « Je sais », dit-cile, que vous qui êtes mes hommes, qui voyez plus clair en mes affaires que je ne fais, ne me conseilleriez chose qui ne fût à mou profit et honneur »*.
Cette féodalité était parfois une servitude pour le seigneur. Mais elle était dévouée, et remplie d'égards lorsqu'il était malheureux. Le comte de Poitiers est mort. Les barons vont « bien doucement réconforter la dame ct les enfants tant qu'ils peuvent, et tant ils font qu'ils soulagent leur douleur ». Le roi d'Alsace, vaincu et appauvri. est tout de même bien venu de sa baronnie.
Les simples chevaliers ne montrent pas moins d'attachement à leurs seigneurs. Leur vie se passe à les suivre dans leurs campagnes, à faire l'oflice de fourriers, à les délivrer du danger. Le vieux chevalier que Mélusine avait au temps de ses fiançailles, accompagne Raimondin en Brelagne et déjoue la trahison du châtelain de Derval*. Les deux chevaliers poitevins venus à Lusignan pour apporter la nouvelle du siège de Famagouste vont avec Urian et Guion cn Chypre, avec Antoine et Renaud en Luxembourg, et bien des années après, prennent part à la guerre contre le duc d'Autriche *. Philibert de Montmoret, qui a élevé et enseigné Geoffroy, ne le perd pas de vue dans sa ronde aventureuse autour de Sion. Mais c’est de loin qu'il le suit, en se dissimulant sous le couvert des bois, pour ne pas offenser son farouche disciple. Geoffroy emmène ses dix chevaliers lorsqu'il va combattre le géant Gardon en Guérande, punir les moines de Maillezais, délivrer le Nor-