‹ Essai sur Mélusine, roman du XIVe siècleChapitre 92 sur 130 · Fol. 57, v*, 2 col · texte numérisé non relu

Fol. 57, v*, 2 col

cervelle '. Mais on ne saurait trouver les Lusignan hors de leurs gardes.

Les camps sont toujours placés sur une rivière. L’Aisne, la Meuse, le Rhin, l'Elbe, les rivières de Bavière, de Chypre et de Syrie ont vu se dresser sur leurs bords les pavillons des Lusignan*. C'est une précaution utile contre les surprises.

Antoine et Renaud ne sont pas encore sortis du Poitou. Dès leur première étape, ils commandent de faire bon guet « comme s'ils fussent en terre d'ennemis * ».

Urian, averti que les Sarrasins se sont mis en mer pour descendre dans son pays, se tient au milieu de son royaume comme Charles V dans la guerre aux Anglais, pour être plus tôt là où les ennemis arriveront. Il a placé sur les ports de bounes gardes, leur commandant que, dès qu'elles verront venir les Sarrasins, elles allument un fallot et l’inclinent vers la mer. La plus prochaine garde verra le signal, le fera elle-même, de garde en garde on le répètera, par quoi en moins d'une nuit tout le royaume le saura *.

Le roman de Mélusine donne de nombreuses descripüons de batailles sur terre et sur mer, aux abords des côtes de Rhodes et de Cilicie, de Chypre et de Syrie, dans l'île de Chypre, le Luxembourg, la Bohème, la Rhénanie‘.

L'armée se range en ligne déployée, les hommes d'armes au centre, les archers et les arbalétriers sur les ailes. « C'est grande beauté à contempler », car le temps ne manque jamais d'être clair un jour de bataille, Là vous auriez vu bassinets, harnais de jambes, l'or, l’azur, les couleurs des bannières et des pennons resplendir contre

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