IV. CE QUE c’est que l’ÉTRE
L’être , pour Parménide , c’est ce qui est vraiment, réellement, absolument; non ce qui existe aujourd’hui, et n’existait pas hier, et n’existera plus demain ; non ce qui existe d’une manière et
DOCTEIRE.
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n’existe pas d’une autre ; mais ce qui est en soi , sans aucune dépendance d’aucune autre chose ; ce qui a la plénitude de l’existence , et n’a pas seulement l’apparence de l’être. Le non-étre étant l’opposé de l’étre , sera , par cela même, ce qui n’a rien de l’être, ce qui est absolument en dehors de toute existence , le néant absolu. Il y aura donc peu de chose à dire sur le non-étre. Aussi, Parménide ne fait-il que toucher ce point ; mais ce qu’il en dit est ferme et décisif. Le non-étre , suivant Parménide n’a rien de l’être , pas même la possibilité de l’existence ; car, ce qui est en puissance , est au> moins en quelque manière , et n’est pas le néant absolu. La conception du non-étre est donc , à proprement parler, une idée qui implique contradiction , puisque c’est une conception dont l’objet n’existe ni en réalité, ni en puissance ; et partant, il n’y a pas non plus de paroles pour rendre l’idée du non-être. Que serait-ce, en effet, qu’exprimer le non-être ? Cé serait exprimer une négation absolue; ce serait ne rien dire absolument*, tout en ‘ disant et affirmant quelque chose; car toute prôposition affirme, et affirme quelque chose d’une autre chose, tandis qu’on ne peut rien affirmer du non-être* : il n’est et ne peut être ni sujet, ni objet , ni prédicat ; il n'est donc rien , absolument ^
PAHMÉNIDE d’ÉlÉE.
rien; c’est une notion entièrement vide, et partant, on n’en peut rien dire*.
Le non -être de Parménide épuise l’idée de néant ; l’esprit humain , en fait de négation , ne peut aller au-delà.
Puisque le non-être n’est pas et n’est rien , il n’y a pas lieu de s’en occuper; il ne peut être l’objet ni de la science, ni de l’activité humaine. Ce qu’il faut donc chercher à connaître , c’est l’être et seulement l’être. Qu’est-ce donc que l’être ? En d’autres termes : que peut-on affirmer essentiellement de l’être?