‹ Essai sur Parménide d'EléeChapitre 18 sur 48 · CETTE PARTIE DE SA DOCTRINE · texte numérisé non relu

CETTE PARTIE DE SA DOCTRINE

Pour achever 1 eïcposition de tout ce que Parménide enseignait, il resté à examiner en quoi

fiOCTaiKE.

consistait sa doctrine sur la réalité sensible , sur ce qu’il appelait les choses de V opinion, t « irphç C’est ce qui forme la physique, ou plutôt la cosmologie éléatique.

Mais il ne faut pas oublier que le premier axiome de Parménide est que la vérité n’est en rien perceptible à nos sens. L’incertitude radicale dont Parménide frappe la connaissance sensible, donne la mesure de l’importance qu’il pouvait attacher à sa propre théorie des objets extérieurs. Cette théorie est une pure concession qu’il fait à la force du sens commun ; il ne croit pas ce pouvoir légitime; mais il se prête volontairement et sciemment au préjugé qui attribue de la réalité à toutes ces ombres , à ces apparences trompeuses , dans la poursuite desquelles se complait le vulgaire des hommes , tourbe insensée qui se laisse séduire par des chimères, et ne contemplera jamais la vérité. La physique de Parménide n’est qu’un accessoire dans tout son édifice philosophique ; et, quelles que soient les conséquences que l’on puisse en tirer, jamais elles ne devront prévaloir contre ce qu’il a dit au sujet de la vérité. Ce ne sont pas deux parties de la même doctrine, dont l’une puisse servir à contrôler l’autre; ce sont deux doctrines distinctes, dont la première est l’expression franche et hardie de la pensée du philosophe , et dont la seconde n’est que l’organisation régulière de croyances sans portée et sans valeur à ses yeux. Et

PÀRHÉNIDE d’ÉlÉE.

cette distinction si tranchée des deux parties du poème de Parménide , n’existe pas seulement parla diversité des titres et par le fonds des idées : dès le ■ prologue, le philosophe fait pressentir cette division, en disant : « Il faut que tu connaisses tout , et » les entrailles incorruptibles de la vérité à laquelle » il faut croire , et les opinions des mortels , qui » ne renferment pas la vraie conviction , mais l’er- » reur ; et tu apprendras comment , en pénétrant » toutes choses, tu dois juger de tout exactement.^»

En outre, voici comment Parménide, en terminant l’exposition de la vraie science , annonce la partie de son poème où il sé fait l’interprète des ^ opinions humaines : <r Je termine ici, dit-il 2, ma » démonsti'ation et mes réflexions au sujet de la «vérité. Apprends ensuite les opinions des mor- » tels , en écoutant la trompeuse harmonie de mes »vers. »

La seconde partie du poème de Parménide nous est parvenue bien plus altérée que la première : ce que nous en possédons suffit toutefois pour en laisser deviner l’ensemble. Il y reproduisait évidemment les croyances les plus répandues de son temps, et quelques opinions en physique et en médecine , qui semblent par ce motif avoir été accréditées de très-bonne heure.

DOCTKINE.

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