‹ Essai sur Parménide d'EléeChapitre 22 sur 48 · XIV. DESCRIPTION DES DIFFÉRENTES PARTIES DÜ MONDE · texte numérisé non relu

XIV. DESCRIPTION DES DIFFÉRENTES PARTIES DÜ MONDE

Parménide donnait ensuite une description particulière de chacune des parties de l’univers , et faisait connaître l’influence de l’une sur les autres. Il soulevait ainsi et cherchait à résoudre une série de problèmes sur lesquels roule l’ensemble de l’astronomie et de la physique; et il serait curieux de retrouver, dans un écrivain aussi grave que Parménide , le tableau de la science humaine au commencement du cinquième siècle av. J.-C. Mais il ne nous reste, sur ce point de la cosmologie éléatique , que quelques vers propres à augmenter nos regrets * : « Tu connaîtras , disent » les Fragments , la nature de l’air, et tous les as- » très qui sont dans l’Ether , et les effets cachés » de la brillante lumière du soleil pur, et d’où tout » cela vient, et tu apprendras les travaux circu- » laires de la lune ronde , et sa nature ; tu connaî- » tras aussi le ciel qui entoure l’univei's , et d’où » il naquit , et comment la nécessité , qui le dirige, » l’enchaîne , pour qu’il maintienne les astres dans

» leurs limites; comment la terre, le soleil et la

«lune, et l’air qui est partout, et la voie lactée » et l’Olympe suprême , et la puissance brûlante

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IIOCTHINE.

» des astres , ont commencé de naître. . . . Une lu- » mière empruntée en’e pendant la nuit autour

» de la terre tournée sans cesse vers les rayons

»du soleil... »

Stobée * nous a conservé quelques-unes des solutions que Parménide avait données aux questions qu’il agitait. La limite du monde aboutissait à un cercle de lumière qui lui servait de ceinture , et qui semblable à un mur fixe et solide renfermait toutes choses. Sous ce cercle de lumière , se trouvait le cercle de feu , t»v ttu/jwS» dTEyavtjv , qui est peut-être l’air et l’atmosphère, puisque ce cercle dans Stobée correspond à celui que Parménide appelle uiBipec. Le cercle de feu n’était pas, comme le premier, une pure lumière; et de plus il se subdivisait en plusieurs autres cercles , où , comme on sait, la lumière et les ténèbres étaient mêlées ensemble dans des proportions diverses.

Parmi les cercles de feu , la voie lactée occupait le premier rang-. Elle était formée des émanations de la lumière et du feu auxquelles était jointe de la matière plus épaisse ; de la voie lactée le soleil et la lune étaient ensuite sortis, la lune de la matière froide et épaisse qui s’y trouvait.

* Eclog. Phys., I, 23 , 1

2 Stob., loc. cit. ; — Cf, Plutarque , plac. phil., III, 1 ; — Galien , c. XVII.

PIRMÉHIDE d’ÉlÉE.

et le soleil de la matière légère et lumineuse qui y était mêlée.

Les astres^ ne sont que du feu condensé, entretenu par les exhalaisons de la terre, c’est-àdire , un mélange de terre et de feu ; et parmi eux , le plus éclatant, celui qui occupe le rang suprême, est Hespérus, que Parménide, s’il faut en croire Phavorinus ^ , avait été le premier à reconnaître comme étant le même que Lucifer, U plaçait cet astre dans le ciel le plus pur , au-dessus du soleil et la lune le plus près possible de la terre.

La terre , qui est le corps le plus dense et le plus lourd , occupait dans le dernier cercle le rang inférieur*. Elle est ronde; et quoique placée audessous des cercles plus légers , elle se trouve par son propre poids au centre du monde , et à égale distance des extrémités les plus opposées de l’univers Elle tremble quelquefois , mais ne se meut pas®. Parménide, suivant Posidonius^, divisa la terre en cinq zones, dont il plaçait la zone cen-

* Slobée , Eclog., 1,25.

S Ap. Diog. Laërt. , IX , 23.

5 Stob., Ecl. Phys., I, 25.

(Plut., Strom. ap. Euseh. , prœp, , 1,‘8; — Cf, Stob., toc. cit.

8 Diog. Laërt., IX, 21.

6 Plut., Pfoc., III, 15.

7 Ap. Strab., II, 2, init.

DOCTKINB.

traie au delà des zones tropicales ; il les déclarait toutes habitables.

XV. SOLUTIONS DE PARMÉNIDE AU SUJET DE QUEL- QUES PROBLÈMES PARTICULIERS. VALEUR DE SA

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