‹ Essai sur Parménide d'EléeChapitre 7 sur 48 · I. CE qu’était l’jéléatisme avaht parmémdb · texte numérisé non relu

I. CE qu’était l’jéléatisme avaht parmémdb

A riépoque où Xénophane donna naissance au système de l’unité absolue, deux grandes écoles se partageaient la philosophie. L’école d’Ionie, la première en date, prenait son ppint de départ dans le monde extérieur, tentait une explication scientifique de toutes les magnificences de la nature , et réduisait en système le culte des éléments. C’était le matérialisme universel , dans la naïveté franche et un peu grossièrè de tout ce qui débute, et qui= élevé pour la première fois à la hauteur d’une > théorie , cherchait à conquérir dans la science le rang et l’importance qu’il avait dans les habitudes et les relations sociales de toutes les colonies de l’Asie Mineure.

De Tautre côté de la Grèce , au sein de la race dorienne , et parmi des populations d’un caractère tout différent, l’ionien Pythagore était venu

riAHENlDE D ELEE.

planter d’une main ferme le drapeau de l’idéalisme. Sous des formes sévères, dans une retraite où le silence servait de premier maître aux initiés , il avait confié à ses jeunes disciples des vérités presque entièrement abstraites, destinées à périr bientôt , mais dont le germe fécond devait renaître ensuite dans un enseignement nouveau , à l’aide d’une réflexion plus profonde et plus étendue. Quoique à son berceau encore, la philosophie avait ainsi marqué ses deux grandes tendances; et on peut dire que la pensée humaine avait saisi , dès ses premiers efforts, les deux pôles opposés entre lesquels son dogmatisme a oscillé sans cesse.

Xénophane était né à Colophon, dans l’Asie Mineure; et les premières idées, les premières ébauches de sa doctrine furent le reflet des idées et des doctrines de son pays. Ses voyages et les vicissitudes de sa destinée l’amenèrent sur un autre théâtre, à Elée, dans l’Italie méridionale; et là ce grand esprit, qui touchait presque au terme d’une carrière longuement éprouvée par les agitations de son temps, sut comprendre un nouveau système, et s’initier lui-même à un mouvement d’idées entièrement différent de celui auquel il avait jusqu’alors obéi. En mettant le pied dans la Grande-Grèce, le vieux rhapsode accepta, avec l’hospitalité, les tendances idéalistes de sa nouvelle patrie, et forma un système, en réunissant ses anciennes et ses récentes théories.

bOCTKI.NE.

L’Ioiiismeet le Pythagorisme se retrouvent ainsi clans l’enseignement de Xénophane , mais l’un et l’autre modifiés par un esprit original. Entre deux systèmes qui se combattent essentiellement, la balance était difficile à tenir. Aussi le mélange que tenta Xénophane, au lieu d’être ce qu’il devint plus tard , une fusion habile et profonde de deux points de vue qui ne sont faux que dans leur opposition , n’est-il guère autre chose qu’une simple juxta-position d’éléments hétérogènes. Cependant, le travail de Xénophane est un progrès; car dans sa doctrine, et c’est de là que date comme système lEleatisme, la donnée idéaliste de Pythagore se transforme et se précise; l’unité de l’être nécessaire se dégage pour la première fois, au grand jour de la discussion et du raisonnement, des mystérieuses enveloppes dont le Pythagorisme l’avait voilée. L’idée de l’unité est enfin placée sous sa forme propre, comme idée et non comme nombre , au sommet des êtres ; elle prend place dans la science, non pas encore avec le caractère d’un principe dont la valeur est appréciée et déterminée, mais du moins avec l’énergie d’un germe puissant que rien ne saurait plus absorber ni détruire.

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