‹ Essai sur Parménide d'EléeChapitre 8 sur 48 · II. PA.RVéinDE RENOUVELLE l’ÉL^ATISME. CARAC · texte numérisé non relu

II. PA.RVéinDE RENOUVELLE l’ÉL^ATISME. CARAC

TÈRE GÉNÉRAL DE SON SYSTÈME; OPPOSITION DE LA RAISON ET DES SENS; SÉPARATION ABSOLUE DU T« nph( àX«)9»av, ET DU rà Trpoç SàÇav.

Parménide vint ensuite, et reçut de bonne heure les impressions de l’école de Pythagore et l’influence de Xénophane. Qu’il ait eu Xénophanedir rectement pour maître, suivant l’opinion généralement admise dans toute l’antiquité, ou qu’il ait seulement été l’héritier de ses doctrines, sans être lié personnellement avec lui, comme les réticences de Diogène de Lâërte pourraient le faire croire , , toujours est-il que Parménide vit le jour dans la Grande-Grèce; que de la sorte il‘naquit et^vécut, au sein même de l’idéalisme, sans apercevoir au-, tour de lui aucune autre tendance; et qu’ayant adopté ce système en lui donnant son, plus haut degré de rigueur, il en devint le représentant direct et avoué ; et que lorsqu’il se rendit à Athènes , pour s’y mettre en contact avec, l’empirisme, ionien , il était maître de ses idées , et apportait avec, lui, une théorie complète et formulée,

La doctrine de Parménide avait deux faces ^ à., chacune desquelles était consacrée dans son poème une exposition séparée : il plaçait d’un côté les données de la raison , qui seules représentaient pour ‘ lui la vérité; de l’autre il reléguait dans le do-

doCtkirb.

tnaine de l’opinion , pour parler son langage , les croyances vulgaires, les perceptions des sens. Et ces deux parties de sa doctrine n’avaient aucun rapport entre elles : autant il élevait la première, autant il estimait peu la seconde. Sans doute, dans Xénophane, la raison et les sens ont aussi leur place distincte. Mais cette distinction qui n’est pas toujours établie avec netteté, s’était évidemment opérée par voie de succession dans la pensée du philosophe de Colophon , tandis qu’elle devient entre les mains de Parménide un antagonisme formd; et c’est à dater de ce moment que l’Eléatisme revêt sa véritable originalité. Par^ ménide le place, dès le premier pas qu’il lui fait faire, sur la route exclusive, étroite et hardie où le condamneront à rester , à périr les attaques de ses adversaires, et la brillante, la subtile défense de Zénon. « Le chemin de la science, » dit Parménide, est éloigné de la route ordinaire » des hommes * , et les opinions des mortels ne » renferment pas la vraie convictioh, mais l’eft'eur *, » Il n’y a que deux voies pour chercher la science; » l’une qui consiste à montrer que l’être est , et » que le non-être n’est pas ; celle-ci est le chemin » de la croyance , car elle est accompagnée de la » vérité. L’autre consiste à prétendre que l’être

* V. 30; — cf. ibid., v. 110 et 111,

PAItMÉniDE D’ÉLéE.

» n’est pas, et qu’il ne peut y avoir que le non- » être; et je dis que celle-ci est la voie de l’erreur «complète^. Eloigne ta pensée de cette route, et » que la coutume ne te précipite pas dans ce che- » min vague où l’on consulte des yeux aveugles , » des oreilles et une langue retentissantes ; mais yt examine avec la raison le docte raisonnement J) que je te propose®. »

Il est impossible, comme on le voit, d’opposer plus clairement l’un à l’autre le critérium de la raison et celui des sens, et de se prononcer plus hautement pour la raison et la raison seule. Parménide avoue que les hommes croient généralement à la certitude et à la réalité de ce qui tombe sous les sens; mais il déclare que les connaissances de cette espèce sont fausses et trompeuses, qu’elles ne sont que des apparences, et qu’il faut chercher la vérité dans les seules conceptions de la raison. Aussi, et en cela Parménide est trèsconséquent avec lui-même ; s’il croit devoir parler des choses extérieures et en essayer une explication , c’est de sa part une pure cono^lon aux préjugés, aux habitudes des hommes ; et celte explication est dénuée à ses yeux de toute certitude , de toute importance. Il la relègue dans la seconde

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