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CHAPITRE PREMIER

Place restreinte de l'élément personnel dans les satires de Perse.

Nous lisons dans la biographie de Perse ($ 8) : scriptitauil et raro et tarde ; et, un peu plus bas, il est question de trois ouvrages que le poète avait composés étant encore enfant ou, du moins, dans les premières années de son adolescence, in pueritia. I n'y a là aucune contradiction, puisque /arde signilie d'ordinaire lentement : Perse écrivait peu et n’écrivait pas vite (1); c’est ce que suflirait à prouver, en l'absence

(1) Si toutefois on préfère entendre que Perse n’était plus très jeune quand il commença à écrire (cf. F. Plessis : La poésie latine, p. 537), il est encore possible de lever la contradiction : le biographe, considérant les premiers vers de Perse comme de simples exercices d'école, ne songerait d'abord qu'à son œuvre satirique. Cependant la phrase suivante (hunc ipsum librum imperfectum reliquit) semble bien indiquer que les mots scriplilauit el raro el larde s'appliquent à toute l’activité littéraire de Perse. D'autre part, d'après le dernier paragraphe de la biographie, Perse aurait entrepris la composition de ses satires aussitôt sorti de l’école ; maïs, sur ce point, on pourrait répondre que l'expression ul a schola magistrisque deuertit n’est pas très claire : on a pu, parmi ces maîtres, compter Cornutus, dont Perse était encore l'élève alors que son âge n'était plus celui d’un écolier. D'ailleurs, le dernier paragraphe de la biographie n’a peut-être pas la même source que le reste.

de tout témoignage direct, la faible étendue de son œuvre et le caractère même de son style; et n’a-t-il pas dit, en raillant des vers trop faciles :

Hoc natat in labris et in udo est Maenas et Attis, Nec pluteum caedit nec demorsos sapit unguis. (Sat., 1, 105-106).

Mais rien ne nous autorise à croire que sa vocation poétique se soit affirmée tardivement. Cet adolescent, qui avait été capable, dès l’âge de douze ans, de suivre avec profit les leçons des meilleurs maîtres, qui, à seize ans, se passionnait pour la philosophie et s’attachait, dès lors, à des hommes occupés de pensées graves et de hautes études, pouvait bien

n'avoir ni la promptitude d'esprit ni la facilité d'expression d’un

Lucain : il n’en avait pas moins donné des preuves d'un développement intellectuel précoce. Et si, malgré tout, nous trouvions surprenant qu’il soit parvenu si jeune à écrire une tragédie prétexte (1), c’est-à-dire un millier de vers (2), pour le moins, tandis que-sa production entière, comme poète satirique, n'atteint pas sept cents vers, n'oublions pas que cette pièce, détruite après sa mort sur le conseil de Cornutus (3), était sans doute un simple exercice d’école, très voisin, sauf la forme métrique, de ceux qu’il avait composés chez Verginius Flavus. Pour un bon élève de rhéteurs, la difficulté n’était pas grande de coudre ensemble une série de controverses : or, Sénèque at-il fait, en somme, autre chose dans des tragédies dont, seule, la disposition extérieure est dramatique ? « Ni composition, ni nuances, ni gradation. Des thèses contraires sont soutenues tour à tour à l’aide des arguments de l’école » (4). Cene sont pas, il est vrai, des thèsesjuridiques, mais on sait que, dans les débats fictifs institués chez le rhéteur, le droit avait moins de place que les lieux communs de toute nature. Si nous ajoutons que Perse, dans ses premiers essais, ne devait pas connaître encore ce souci d'être toujours original, même en imitant, qui l’a torturé plus tard, on admettra sans peine qu’il ait pu écrire de

(1) Vita, 8 : Scripserat in pueritia Flaccus etiam praetextam uescio. (2) L'Octauia a 982 vers.

(3) Vila, 8 : Omnia ea auctor fuit Cornutus matri eius ut aboleret. (4) F. Plessis : Za poésie latine, p. 498.

bonne heure une œuvre si étendue. On ne saurait s'étonner non plus que, grandissant dans un milieu conservateur et stoïcien, il se soit porté tout d'abord vers un genre de poésie qui exaltait les antiques . vertus romaines : la tragédie prétexte, en effet, mettait en scène les grands événements et les grands hommes de l’histoire nationale ; dédaignant d’émouvoir la pitié, elle se proposait d'ordinaire d’inspirer, par l'exemple des aïeux, les sentiments les plus virils (1); par là elle devait tenter le jeune poète, qui, vers la même époque, célébrait l’héroïsme de la première Arria (2). On peut dire aussi qu’elle le conduisait en quelque mesure vers la satire : non seulement il était facile d'y glisser des allusions aux faits contemporains (3), mais, ce qui répond mieux au caractère de l'œuvre satirique de Perse, l'éloge ou la peinture du passé n’y élait souvent qu'une critique indirecte du présent. Au demeurant, je ne voudrais pas multiplier les hypothèses à propos d’une pièce dont le titre même est trop altéré dans les manuscrits pour permettre aucune conjecture probable (4), et je n’ai garde

(1) V. Patin : Études sur la poésie latine, II, p. 195 et Lersch: De fabula togata, palliata et praetexta, Rh. Mus., 6 (1839), p. 520-521. Cf. O. Jahn: Proleg. p. xLu. — G. Boissier (Les fabulae praetextae, Rev. de Phil., 17 (1893), p. 101 et suiv.), est d’un autre avis. Il dit (p. 103) que les praelexlae étaient «des pièces de circonstance, composées pour une fête particulière, en mémoire d’un événement ou d’un anniversaire important ». Ceux qui «les composaient ou les commandaient » n'avaient pas l'intention « de créer une tragédie romaine en opposition à la tragédie grecque... Ils voulaient comme tous ceux qui donnaient des jeux au peuple les rendre plus attrayants, plus nouveaux, et que tout tournât à la plus grande gloire de ceux qui en faisaient les frais (p. 104). » Soit. Il n'en est pas moins vrai que, quand, dans une de ces pièces de circonstance, un Accius mettait à la scène Brutus ou Décius, il composait une œuvre vraiment romaine, exaltant un des héros ‘ de l’histoire nationale.

(2) Vila, 8 : Scripserat in pueritia... paucos in socrum Thraseae Arriam matrem uersus, quae se ante uirum occiderat. — Peut-être n'était-ce qu'une épigramme (Cf. Ribbeck : Gesch. d. rüm. Dichtung, I, p. 142).

(3) V. ce qui est dit dans le Dialogue des orateurs (2et 3) du Caton de Maternus. D'ailleurs, comme le fait remarquer G. Boissier, art. cit., p. 107, n. 1, les allusions se plaçaient aussi bien dans les palliatae que dans les praetextae ; il cite Dial. des orat., 3 : Si qua omisil Calo, sequenti recilatione Thyestes dicel.

(4) Vita, 8 : Scripserat in pueritia Flaccus etiam praetextam wescio. Pour

d'en déplorer la perte, puisque Cornutus, bon juge en la matière et: plus soucieux que personne de la gloire de son élève, ne la pas estimée digne de survivre (1). Get ami véritable décida Fulvia Sisennia à la supprimer avec les autres œuvres de jeunesse de son fils (2). L’antiquité elle-même n’a donc connu Perse que comme poète satirique (3).

Il venait, nous dit-on (4), de quitter l’école quand la lecture du dixième livre de Lucilius lui inspira le désir passionné de composer des satires. Ces illuminations soudaines nous sont toujours un peu suspectes, tant les biographes les ont multipliées dans l’histoire des grands hommes, et, bien que Perse ne füt pas incapable d’enthousiasme, comme le font assez voir son amitié pour Cornutus et sa foi stoïcienne, si vives l’une et l’autre, il est permis de croire que les choses se passèrent moins simplement. Mais l'anecdote doit reposer sur un fond solide. Tout l'indique en effet, plutôt que la nature ou que les circonstances, ce sont des influences littéraires et morales qui ont fait de Perse un satirique. Sans doute il n’était pas incapable de voir et de noter le ridicule, et il a montré plus d’une fois, dans le dialogue, que le sens du comique ne lui manquait point. Mais le poète satirique est autre chose qu'un caricaturiste prompt à saisir les traits dont le développément exagéré rompt l’équilibre des physionomies et des caractères, ou qu’un auteur comique habile à démasquer nos

les conjectures, v. O. Jahn, édit. de 1843, p. 237; Heinrich, p. 48; C.-F. Hermann, p. xt et S. Consoli, p. 142.

(1) Cf. O. Jahn : Proleg., p. xznrr. ,

(2) Cornutus condamna également les vers composés en l'honneur de la première Arria et un ouvrage auquel les manuscrits attribuent un titre inintelligible (opericon librum unum). Ceux qui acceptent la conjecture 6ô01xoetxwy Où hodoeporicon librum supposent que Perse, dans cet ouvrage, sans doute écrit en vers, racontait son voyage ou un de ses voyages (cf. supr., bp. 105) avec Thrasea, en imitant peut-être le livre 3 de Lucilius et la sat. 1,5 d'Horace (v. O. Jahn : Proleg., p. xLu; cf. G. C. Fiske : Lucilius and Persius, p.122, qui rappelle en note l’Zter de César (Suét. : Cés., 56: Reliquit... poema quod inscribitur {{er). J'ai signalé d’autres conjectures, supr., p. 47.

(3) Quint., 10, 1, 94: Multum et uerae gloriae, quamuis uno libro, Persius meruit. — Martial, 4, 29, T : Saepius in libro numeratur Persius uno Quam leuis in tota Marsus Amazonide.

(4) Vila, 10 : Sed mox ut a schola magistrisque deuertit, lecto Lucili libro decimo uehementer saturas componere instituit.

faiblesses par ces situations imprévues où l’homine surpris laisse apparaitre le fond de lui-même, par ces propos aussi, ces répliques d’une belle inconscience dans lesquelles une âme se trahit sans le vouloir. Ce n’est pas non plus un orateur qui vienne, au nom de la conscience publique ou d’un parti, poursuivre, de son éloquence tour à tour emportée et railleuse, les malhonnètes gens ou ses adversaires politiques ; ni un moraliste qui, appuyé sur les principes, distribue la louange et le blâme avec impartialité ; ni un prédicateur soucieux de frapper les imaginations en illustrant de quelques exemples typiques les leçons de la sagesse. C’est un homme avant tout, un homme impressionnable dont la vive sensibilité a des réactions promptes, parfois inattendues, en tout cas très personnelles, au contact des autres hommes, un homme qui éprouve le besoin d'affirmer son moi en l’opposant à celui d'autrui. Certes, il est loin d’être un lyrique au sens que les modernes donnent ordinairement à ce mot : le lyrique se suffit à lui-même, rien au fond wexiste pour lui que ses propres sentiments, et, souvent, il est incapable de regarder ou même de voir autre chose ; le satirique, au contraire, a besoin, pour se sentir vivre pleinement, du spectacle des hommes ou, tout au moins, du choc d’une pensée étrangère. Il n’en est pas moins vrai que ses vers nous offrent, pour ainsi dire, l'histoire de son humeur, la confidence ‘enjouée, âpre ou morose de ses antipathies, de ses sympathies en même temps, celles-ci d’ailleurs ayant besoin de celles-là pour s’affirmer. De ce côté, la satire tient à la littérature personnelle par des liens étroits. Assurément, pour qu’elle conserve son caractère propre et ne dégénère pas en pamphlet ou en invective, il est nécessaire que l’auteur y poursuive un dessein plus élevé que d’assouvir des rancunes particulières ; que ses impressions et ses expériences y prennent une portée générale, et qu’il en dégage, par des réflexions directes ou par le tour qu'il aura donné aux choses, une leçon pour le lecteur : mais, s’il est vraiment doué pour ce genre de poésie, la préoccupation didactique n'apparait chez lui qu’en second lieu et par un retour de l’intelligence sur les premiers mouvements de la sensibilité; c’est pour son propre comple, pourrait-on dire, qu’il s’est d’abord égayé ou irrité. Tel était bien Lucilius, qui sé racontait lui-même dans son œuvre, avec une abondance parfois indiserète, et laissait à ses jugements sur les individus et la société l’accent de la plus rude franchise; tel, dans ses

satires, se montre Horace, d’ailleurs si différent de Lucilius par la sévérité de son goût, la délicatesse de son art et le peu d'intérêt que la politique lui inspire; et chez nous, pour ne rien dire de Régnier, Boileau lui-même, en dépit de son naturel raisonneur, révèle en maint endroit une grande vivacité d'impression.

Perse au contraire, même s’il n’a pas conçu ses satires à froid, avait, dans le caractère, trop de raideur naturelle et acquise pour se peindre en peignant les autres et pour laisser voir à chaque instant, sous le moraliste qui juge et qui conseille, sous l'écrivain habile à dessiner le trait pittoresque, l’homme attentif à suivre en lui-même et curieux de retracer pour nous le petit drame dont sa personnalité aux prises avec le dehors lui donne sans cesse le spectacle. Ce n’est point qu’il soit impassible : nous sentons chez lui de la colère ou du moins de l’aigreur contre les hommes vulgaires dont le gros riré insulte à tout ce qu’il aime et à tout ce qu’il admire : « Perse, a dit Nisard (Poètes latins de la décadence, I, p. 237), reproche aux centurions tantôt de sentir le bouc, tantôt d’avoir des varices : cela n’est pas d’un philosophe». Eh! sans doute, mais c’est bien d’un homme ou plutôt d’un jeune homme touché au vif dans son culte pour les plus nobles occupations de l'esprit. Dans la première satire, la moquerie fait entendre un accent assez personnel : elle prend parfois le caractère d’une vengeance exercée par l’auteur sur les confrères avides de petits succès, dont la fatuité et le style énervé l'avaient, je pense, agacé bien souvent. Mais, en somme, il est rare que le poète s’abandonne ainsi aux réactions de sa sensibilité. Une fois, il nous a fait confidence d’un de ses sentiments les plus chers, il nous a dit quelle sympathie profonde l'unissait à Cornutus ; mais, en dépit de l'émotion véritable qui anime alors ses vers (Sat., 5, 19-51), on y remarque quelque solennité : c’est que Perse n'a pas cédé ici au besoin de nous livrer son âme, il a voulu élever un monument à la gloire de Cornutus et célébrer en lui, en même temps que le parfait ami, un vrai maitre stoïcien. En général, il garde sur sa vie privée une discrétion absolue (1). C’est par exception qu’il nous mène avec lui sur la côte tiède de la Ligurie, près de la mer Tyrrhénienne, «sa mer », que l'hiver soulève, là où le port de

(1) On-s'est parfois imaginé que Perse parle de son enfance dans la satire 3, v. 44-51; mais v. infr., 4° partie, ch. 1,$ 2.

Luna, derrière une ceinture de rochers, se creuse en un vaste enfoncement (Sat., 6, 6-8). Le plus souvent, lorsqu'il se met en scène, il n’est que le porte-parole du stoïcisme, et alors sa personnalité n'est guère plus accusée que celle de ses interlocuteurs fictifs. Visiblement, ce n’est pas une exigence de sa nature qui l’a porté vers la satire. Et qu’on ne dise point que, peut-être, il en possédait le don, mais qu'il n’a pu le nourrir et le développer, faute de s'être mêlé à la vie de son temps; même s’il ne connaissait que l’école et le cercle restreint de l'opposition stoïcienne, il n'était point, pour cela, condamné à ne voir l’homme et le monde qu’à travers les livres : toute société, si fermée, si détachée de l’action qu'on la suppose, est un microcosme où s’agitent mille petites passions, où les caractères ne s'accordent pas toujours, même quand les idées sont communes. Il aurait pu, s’il eùt été vraiment doué pour la satire, faire des œuvres vivantes sans avoir jamais élargi le champ de son expérience.

Mais il faut reconnaitre que l'éducation stoïcienne était peu propre à former un satirique frère, par la vivacité et le ton personnel, de Lucilius et d'Horace. Le stoïcien devait toujours dominer ses impressions ; et je n'entends point par là qu’il devait s’en rendre maitre assez pour les traduire, au besoin, en beau langage : car cela, c’est une loi pour tout écrivain qui veut unir l’art à la sincérité. Le grand poète n'écrit pas lorsque l'émotion ou l'impression, quelle qu’elle soit, le possède encore : il faut, pour qu'il en donne une expression littéraire parfaite, qu'il l’ait fait passer, comme on dit, du cœur ou des sens au cerveau, et c’est le secret du génie de nous la rendre, après cette opération, aussi vivante qu’au premier moment. Non : je veux dire que le stoïcien devait apprendre à rester froid devant ce qui éveille chez les autres hommes la joie, le chagrin; la crainte ou le désir. C'était à la naissance même de l'émotion qu'il lui fallait établir sur elle son empire, afin qu’elle ne püt un seul instant troubler la lucidité de son intelligence et la justesse de son jugement. Il tendait, en un mot, à l'impassibilité : or, quel serait ce paradoxe d’un satire impassible ? Perse luimême, nous l'avons vu, ne l’a pas réalisé, et, d’ailleurs, la nature, plus forte que la doctrine, rendait la plupart des stoïciens infdèles à leurs principes lorsqu'ils s’en prenaient aux folies humaines : car ils se gardaient mal, en pareil cas, de la pitié, du dédain ou d’un mélange de ces deux sentiments. Mais l’orgueil qu'ils trahissaient ainsi élait

celui d’une intelligence qui s’est élevée à la perception du vrai et qui se plait à faire de haut la leçon aux ignorants. Et, de fait, nous verrons la satire prendre chez notre auteur un caractère franchement didactique. Ainsi conçue, elle n’est plus qu’un procédé d’exposition ; et ce procédé, Perse, sans doute, l’a choisi plutôt qu’un autre parce que, mieux que tout autre, il lui permettait de satisfaire à la fois son goût déjà déclaré pour la composition poétique et l'ardeur nouvelle qui le portait vers la philosophie morale. Selon Nisard « Cornutus manqua de sens en le laissant faire des satires : Perse était beaucoup plus propre à faire des traités » (Poètes latins de la décadence, [, p. 216). Mais la parenté était étroite entre la satire, à ne la considérer que dans ses moyens d'expression, et certaines formes littéraires depuislongtemps employées par les philosophes, particulièrement par-les cyniques et les stoïciens, pour la vulgarisation de leurs doctrines. Et, pour le fond, sans parler du caractère proprement satirique qu'offraient les attaques du cynisme contre les écoles rivales et contre les préjugés régnants, il y avait nécessairement de fréquentes rencontres eñtre ces traités ou ces sermons de morale familière et un genre poétique qu'on a pu définir «une espèce de discours moral » (1).

(1) Patin : Études sur la poésie latine, IX, p. 93.

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