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Asyes, est, dans l’éyeuovixsy, la faculté qui, faisant de nous des animaux raisonnables (Azywà (&:), nous apparente à Dieu. Seule elle peut-nous élever jusqu’à la science et jusqu'à la sagesse. Mais, d’ailleurs, une heureuse nature s'applique à être vaincue par elle (winci laborat). Lorsque Perse rappelle ses entretiens avec son maitre, prolongés durant des journées entières et continués le soir, avec moins de gravité, autour d’une table frugale, il nous montre de quelle manière Cornutus entendait cette vertu du convive dont nous parle son abrégé théologique (1) : werecunda laxamus seria mensa (v. 44). Perse a célébré ailleurs les jeunes stoïciens nourris de légumes secs et de bouillie d'orge : tuuentus… siliquis el grandi pasta polenta (3, 54-55). Faut-il entendre que les deux amis se contentaient de ce menu et que volontiers ils se fussent écriés avec Chrysippe : « Une purée d’oignons et de lentilles vaut l’ambroisie quand le froid est glacial » (Athénée: Banquet des sophistes, 4, p. 158 a (— Arnim, IT, p. 178, n° 709 a) :
B5XGopaxn d'iooy apBpocir Viyous xousevres)? Je ne sais: nous verrons, dans la satire 6, que Perse ne faisait pas, de l’ascétisme, une règle. Mais certainement il n’était pas non plus de ces stoïciens qui cherchaient des arguments pour défendre l’ivrognerie (2).
En plaçant sa naissance et celle de son ami sous un même astre, Perse développe un thème banal; il ne faut pas oublier cependant que les sloïciens accordaient volontiers une valeur à l'astrologie (3) : elle n’était autre chose que la divination par les signes célestes, et on sait qu'ils admettaient la divination ; du moment que les événements futurs sont arrêtés d'avance par le destin, que la divinité les connaît, qu’elle
aime les hommes et sait qu’il leur est utile de prévoir l'avenir, elle
: (wavrastar) : V. Jamblique, dans Stobée: EcL., I, 48, 8, p. 317, 21 Wachs. (Cf. Arnim, I, p. 40, n° 149; Aetius, 4, 11, 4 (Cf. ibid.) indique l’âge de sept ans. (1) ouurotuw doper (Corn.: Comp. theol., p. 16, 4, Lang): Cf. Arnim, IL,
p. 180, n° 717 (Stobée: Ecl., 2, 6, 15 Wachs.).
(2) V. Pearson: Journal of philology, 30 (1907), p. 219 et suiv. — Cf. dans Arnim, IL, p. 179, n° 712, un texte de Philon: De Plantatione Noë, 14? (vol. 2, p. 161, 18 Wendland) sur la question ei peboohriaerat 6 0p6e.
(3) V. A. Bouché-Leclercq: L’Astrologie grecque (Paris, 1899), p. 28 et suiv.; p. 544 et suiv. M. Bouché-Leclercq (p. 545) pense que, si l’astrologie est devenue, vers l’époque d'Auguste, fort à la mode auprès de la haute société romaine, l'influence de Posidonius y fut pour beaucoup.
n’a pu juger au-dessous d'elle, dans sa bienfaisance, de leur donner quelques signes de cet avenir (1). On sait d’ailleurs que Manilius, qui a donné dans ses Astronomiques le poème didactique de lastrologie, est tout pénétré d'idées stoïciennes. Donc il y a peut-être ici autre chose qu’un thème poétique, d'autant plus que Perse insiste sur Pidée de destin : il donne au destin le nom de Parque (v. 48), que son maitre admet dans son abrégé (p. 12, 11 Lang.: Mcissx) comme équivalent du mot propre (siuapuévr); il fait suivre ce nom de l’épithète {enax ueri qui n’est, à vrai dire, que la combinaison d’un souvenir d'Horace (Carm. saec., 25 : weraces cecinisse Parcae ; cf. Odes, 2, 16, 39 : Parca non mendax) avec un souvenir de Virgile (Én., 4, 188 : (fama) fenax nunlia wert), mais peut faire songer à une définition stoïcienne donnée par Cicéron (De diuin., 4, 55, 125) : « Fatum.….. id appello quod Graeci cipaouévny i. e. ordinem seriemque causarum, CUM Causae Causa nexa rem ex se gignat. Ea est ex omni aeternitate fluens weritas sempiterna ». Reconnaissons toutefois que Perse ne s’est pas mis en frais d'érudition astrologique ; et le dernier vers du morceau montre qu'il n'avait pas fait tirer son horoscope ni celle de son ami (v. 51 : Nescio quod, certe est quod me tibi temperat astrum).
Voulant ensuite opposer l'activité noble et ulile de son maitre aux occupations immorales et vaines de la plupart des hommes, Perse rencontrait tout naturellement un lieu commun développé par Horace, avec beaucoup d'éclat, dans sa première ode (Odes, 1, 1, 2 et suiv.) et repris, plus brièvement, en deux ou trois passages des satires (2) : les goûts et les penchants diffèrent avec les individus (3). Mais il a soin de prendre des exemples qui aient le caractère de traits satiriques contre telle ou telle passion : cupidité, ivrognerie, amour du jeu, des jeux d'adresse comme des jeux de hasard, luxure. C’est un moyen de faire ressortir la beauté d’une vie consacrée comme celle de Cornutus
(1) Je résume l'argumentation reproduite par Cicéron : De diuin., 1, 38, 82.
(2) V. Hor.: Sat., 1, 4, 25 et suiv.; ?, 1, 24 et suiv. Dans le premier de ces deux passages, l'intention satirique est, comme chez Perse, bien marquée.
(3) C’est l'antique adage Quot homines, lot sententiae (Térence : Phorm., 451; Cic.: De fin., 1,5, 15), qu'Horace (Sat. 2, 1, 27) a. formulé ainsi « Quot capitum uiuunt, totidem studiorum Milia» (Cf. Otto: Die Sprichwôrter und sprichwôrtlichen Redensarten der Rômer, p. 166).
à l'étude et à l’enseignement de la sagesse. Est-ce pour de simples raisons métriques que le poète évoque à ce propos le nom de Cléanthe (v. 63-64 ; iuuenum purgatas inseris aures Fruge Cleanthea) ? Peutêtre son maitre avait-il une admiralion particulière pour ce philosophe ; peutêtre encore Perse at-il jugé le rapprochement plus honorable qu'aucun autre, se souvenant que le Portique n’avait pas eu de travailleur plus énergique et plus patient que Cléanthe (Cf. supr., p- 89).
Le conseil, adressé aux vicillards comme aux enfants, d'étudier la philosophie du Portique est bien d’un stoïcien. Les stoïcicns estimaient qu'il n’est jamais ni trop Lôt ni trop lard pour entreprendre l'étude de la philosophie. L'éducation morale devait, selon Chrysippe, com-
mencer dès le berceau (1), et, d'autre part, il n’élait pas de vieillard si livré aux passions qu’une thérapeutique habile ne pût guérir s’il voulait bien s’y prêter. À plus forte raison, celui qui poursuivait la sagesse depuis longtemps avait-il le devoir de n’en jamais abandonner l'étude (2) : «Philosophum audio, dit Sénèque (Epist., 76, 1), et quidem quintum iam diem habeo ex quo in scholam eo et ab octaua disputantem audio. « Bona, inquis, aetate ». Quidni bona ? Quid autem stullius estquam, quia diu non didiceris, non discere?...($3) Tamdiu discendum est, quamdiu nescias : si prouerbio credimus, « quamdiu uiuis ». Nec ulli hoc rei magis conuenit quam huic: tamdiu discendum est, quemadmodum uiuas, quamdiu uiuis. Ego tamen üllic aliquid et docco. Quaeris quid doceam ? efiam seni esse discendum ».
Perse rappelle en deux mots le caractère pratique de la philosophie stoïcienne, dirigée tout entière vers la morale : elle nous dira quel est le but, la fin dernière de la vie, elle nous munira d’un viatique qui nous accompagnera au milieu même des incommodités de l’âge (v. 64-65). Cette dernière image était traditionnelle ; elle remontait, dit-on, à Bias. Nous lisons dans Diogène Laërce (1, 86), sous
DEN Quint:, 1,1,-19-165 1, E#7 7,10, 82.
2) Cette ‘idée n’était point particulière aux stoïciens: V./{Platon]: Les P Rivaux ( Avrepuorai), p. 133 C: TE odv éotiv (prhosoweïv);... ti GO ye À ard vd Sékwvoc: ZdÂwY véo mov eine * «[nodoxuw Ô’aiet rmoÂÂYX dÔaoxomevos* » xal mot 22 ds n H Le
doxet orus det poñvar Ev yÉ tu pavbdvetv Tôv pékkovra pihogophoetv, xal vewreoov OVTA Ka mpeaborepov.