‹ Essai sur PerseChapitre 53 sur 70 · PR 2 CUBES · texte numérisé non relu

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employé warus dans le sens de diversus (Sat., 2, 3, 86) : « Alterum et huic warum et nihilo sapientius » (Varuwm : diuersum, dit Porphyrion, distortum ac per hoc a re diuersum). Il y a opposition entre les deux caractères comme entre les deux jambes d’un CAgNeEUX ; L’antithèse entre lingere et siccum (v. 20) rend à singere toute sa force première : mouiller, humecter L'expression ipse sacrum irrorans patinae piper (v. 2) est jolie, mais tout le mérite en revient à Horace (Sat., 2, 2, 62) : « cornu ipse bilibri Caulibus énsti{lat, ueteris non pareus aceli », et (Sat., 2, 3, 109- 110) (1) : «Qui nummos aurumque recondit, nescius uti Compositis metuensque uelut contingere sacrum » (cf. Sat., 1,1, 71: tanquam parcere sacris); De même magnanimus puer (v. 22) est heureux, mais c’est encore de . l'Horace (Epist., 1,15,26-27) : « rebus maternis atque paternis /ortiter absumptis ». Bona dente peragere est dit pour comedere bona (Hor., Epist., 1, 15, 40 : si qui comedunt bona). Peragere dans le sens de concoquere, consumere appartenait peut-être au langage familier. On lit chez Pline l'Ancien (N. H., 9, 183) : « Huic (sc. séellae, sorte de poisson) tam igneum feruorem esse tradunt ut omnia in mari contacta adural, omnem cibum statim peragat (— concoquat) » ; Ponere lautus est peut-être, avec imilari mobilis (Sat., 1, 59), lexem- — ple le plus curieux que nous offre Perse de l’infinitif construit avec Be un adjectif : le tour équivaut, en somme, à ponens laute, de même que celerem sequi (Hor.: Od., 1, 15, 18) a la valeur de celeriter sequentem et ludere pertinax (ibid.,3, 29,50), celle de pertinaciter ludens (2); Le sel de la plaisanterie nec tenuis sollers turdarum nossèe saliuas (v. 24) est dans l’emploi du féminin furdarum, créé, semble-t-il, par Perse : le palais du gourmand le renseigne sur le sexe des oiseaux. Tenuis parait être un souvenir d’Horace (Sat., 2, 4, 86)": « Exacta tenui ratione saporum ». Saliua a été employé par Properce (4, 8, 38) dans le sens de sapor (Et Methymnaei Graeca saliua meri) et par Pline l'Ancien, qui, comme Properce, l’applique au vin (N.H., 14, 61 ; 23, 40): c'était peut-être une manière de parler peu courante que de l'appliquer à des oiseaux;

(1) Le vers 108 a fourni discrepet his alius (Qui discrepat istis..….). (2) Cf. Brenous, 0p. cil., p. 324.

L'expression messe tenus (v. 25) est faite d’après le type uerbo tenus. Emole (v. 26) est, parait-il, un 3xaË etpnyévey ;

Segelem depascere in herba était peut-être une locution proverbiale (cf. Virg., Géorg., 1, 112 ; Ov.: Mét., 8, 290). En tout cas Perse s’est ici rappelé les termes de cette expression toute faite et aussi une fin de vers d'Ovide (Hér., 17, 263 : Sed nimium properas et adhuc tua messis in herba est), et il a écrit (v. 26) : seges altera in herba est;

Il y a du désordre, et quelque banalité, dans la description du naufrage (v. 27-31). Remque omnem surdaque uota condidit sent la rhétorique. Le trait obuia mergis est comme le résumé de deux vers d’Horace (Epod., 10, 21-22 : Opima quodsi praeda curuo littore Porrecta mergos iuueris). La métaphore cos{a ratis peut s’autoriser de l'exemple de Virgile (Én., 2, 15-16: Equum diuina Palladis arte Aedificant sectaque intexunt abiete costas ; 7, 463: -Virgea suggeritur costis undantis aeni) ;

En écrivant de caespite uiuo frange aliquid (v. 31), Perse a combiné la locution courante et familière de uiuo resecare ou detrahere (Cic.: Verr., 8, 50, 118; Pro Flacc., 37, 91) avec l'expression caespès UIUUS, qu'il trouvait chez Horace (0d., 1, 19, 13-14) et chez Ovide (Mét., 4, 300-301) ;

Le trait piclus oberret caerulea in tabula (v. 32-33) est joli;

La seconde partie de la satire est presque tout entière en dialogue ; et, si le style n’en est pas toujours simple, du moins conserve-t-il presque toujours quelque chose de populaire et de familier. Le vocabulaire est riche. Je relève, entre autres, les mots qu'aucun poète, à notre connaissance, n'avait employés avant Perse : inodora (v.35 : premier exemple du mot dans la langue latine); — faenisecae (v. 40 : Columelle, 2, 47, 4); — puis (v. 40 : le mot est chez Varron, Cicéron, etc.); — artocreas (v. 50 : le mot ne se retrouve que dans les inscriplions) ; — coniuere (même vers : le mot est fréquent en ce sens chez Cicéron : voy. par ex.: De leg. agr., 2, 28, 77; Pro Caelio, 24, 59; Phil., 1, 7, 18; Plaute (Most., 830) et Lucrèce (5, 775 ou 776) l'emploient également, mais le premier dans le sens de se fermer, en parlant d’une porte, et le second dans le sens de s’éclipser, en parlant du soleil) ; — exossare (Plaute, Tér.); — proneptis (v. 53 : premier exemple connu de ce mot); — sinciput(v. 10 : Plaute : Mén., 505-506 : non tibi Sanum est. sincipul).

Parmi les tours pris au langage de la conversation, on peut signaler:

à; de ”

tune (v. 37; cf. tu meus heres (v. 4}et uis #u (v. 63); — ita fit (v. 88: Oic.: De nat. deor., 3, 14,36); — o bone (v. 43: Hor.: Sat. 2, 6, 01); — Quis uelal ? aude (uetare) (v. 49); — uae (v. 50 : le tour wae nisine se rencontre pas avant Perse); —— dic clare (v. 51); — age si. (v. 52 : Hor.: Sat., 2, 8, 117); — nunc nunc (v. 68: sur cette geminatio, cf. supr. p. 372); — ungue unque (v. 68-69). Je trouve encore à noter ponere (v. 66), dans le sens de « placer des fonds » (cf. Hor.: Epod., 2, 70; Sat., 1,2, 13 : 2, 3, 23), et merces (v. 67) comme équivalent de wsurae(cf. Hor.: Sat., 1, 2, 14; 1, 3, 88). Nous avons déjà rencontré (3, 95) quidquid id est (v. 65) : mais, d’ailleurs, l’expression n’est pas étrangère à la haute poésie (Virg.: Én., 2, 49), non plus que juge quaerere (même vers ; cf. Hor.: Od., 1, 9, 13: Quid sit futurum cras, fuge quaerere.

Les phrases sont courtes, souvent même hachées. Je relève cependant deux passages volontairement emphatiques : d’abord celui où Perse décrit ironiquement les préparatifs du triomphe de Caligula; puis la phrase où, affirmant que, s’il ne lui reste aucun parent, il ne manquera pas pour cela d’héritier, il fait cette énumération solennelle (v. 52-55) : « Si mihi nulla iam reliqua ex amitis, patruelis nulla, proneptis nulla manet patrui, slerilis matertera uixit deque auia nihilum superest, etc. ».

Le détail de l’expression est moins laborieusement travaillé que dans le reste de la satire et même de l'œuvre entière de Perse. Il doit moins aussi à l’imitation des poètes antérieurs. Perse lisait chez Horace (Epist., 2, 2, 191-192) : «.. Nec metuam quid de me iudicet heres, Quod non plura datis inuenerit ». Il a tiré de cette indication une petite scène. Je relève ce trait amusant (v. 35 et suiv.) : « Seu spirent cinnama surdum, seu ceraso peccent casiae, nescire paralus » : l'héritier mécontent est décidé à fermer les yeux sur les fraudes des fournisseurs.

Le membre de phrase poséquam sapere urbi cum pipere et palmis uenit nostrum hoc maris expers (v. 38-39) est une devinelte. Il serait peut-être moins obscur si le sens du passage d’'Horace d'où est tirée la locution maris expers était lui-même mieux éclairci (Sat., 2, 8, 15: Chium maris expers). Je note en faveur de la ponctuation de Turnèbe, reprise par M. Leo, qui détache nostrum hoc maris expers (= nostrum hoc sapere fuit maris expers), que partout ailleurs , lorsque Perse

emploie l'infinitif comme substantif en l’accompagnant de possessifs et de démonstratifs (4, 9 nostrum istud uiuere triste ; 4, 27 scire tuum :; 4, 422 hoc ridere meum; 5, 53 uelle suum), il n’en sépare jamais ces possessifs et ces démonstratifs. On pourrait répondre, il est vrai, que la chose, ici, n’aurait rien de choquant, parce que nos{rum hoc suit immédiatement le verbe dont sapére est sujet.

Vitiarunt unguine (v.40) fait ce qu’on appelle un oxymoron ; — laurus (v. 43) est une métonymie pour litterae laureatae (cf. Plin.: N.H., 15, 433 : Romanis praecipue laetitiae uictoriaramque nuntia additur (laurus) litteris); — frigidus excutitur cinis (v. 45) est une manière un peu énigmatique d'indiquer qu'il n’y avait pas eu de triomphe depuis longtemps. Perse aura été séduit par le caractère descriptif de la périphrase; — dans les vers 45 et 46, l’emphase voulue de l’énumération est relevée encore par l’anaphore de tam; — iam postibus arma est un souvenir de Virgile (Én., 7, 183 : sacris in poslibus arma; — locat (v. 47) fait un trait de bon comique ; — genioque ducis.(v. 48) vient d'Ovide (Fast., 5, 145; geniumque ducis) : le mot ducis est peut-être

destiné à souligner l'ironie; — les cent paires de gladiateurS sont une

réminiscence d'Horace, sans cesse présente à la mémoire de Perse: «Ni sic fecissent, gladiatorum dare centum Damnati populo paria » (Sat., 2, 3, 85-86). L’ellipse de gladiatorum est d'autant plus naturelle qu'inducere était, en pareil cas, le mot consacré (Cic.: Optim. gen. orat., 6, 17:-A me autem..… gladiatorum par nobilissimum irducitur) (4).

Non adeo, inquis, exossatus ager iuxta est (v. 51-52): la locution exossatus ager est insolite, et l'expression dans son ensemble constitue une véritable devinette (cf. supr., p. 341). Le verbe exossare est chez Plaute (Amph., 320) et chez Térence (Ad., 378). Ils l’appliquent particulièrement à des poissons dont on enlève les arêtes. Lucrèce a exos (3, 719 ou 722: Exos et exsanguis tumidos perfluctuat artus) et exossatus au sens de «flexible » (4, 1263 ou 1265: Atque exossato ciet omni pectore fluctus). L’explication propcsée par le scoliaste est donc

CE RS me : TS) «

(1) On a rapproché ce passage des vers 474-475 de Lucilius (éd. Marx), où il paraît être question d’une wisceratio : en effet, de vieux glossaires (Gloss. H. Steph., p.116; Gloss. Philox.) expliquent uisceralio par aotéxpeac. Cf. Marx, IT, p. 177, et Fiske : mém. cité, p. 145.

inadmissible : «Exossatus ager, dit-il, est plenus lapidibus secundum eos qui definiunt lapides ossa esse terrae, ut Ouidius in Metamorphoseon ait (1, 393): Lapides in corpore terrae ossa reor dici». Si on relient le rapprochement avec Ovide, on en conclura que exossatus ager est un champ dont on a enlevé les os, c'est-à-dire les pierres. L'image n’est pas contraire au goût de Perse.

Cest la mention du cliuus Virbi ou cliuus Aricinus (1) qui attire le nom de Manius (v. 56) : nous connaissons, en effet, par Festus (p.145 Müller, p. 128, 15 Lindsay), l'existence du proverbe: multi Mani Ariciae (2). Mais les grammairiens n'étaient pas d'accord sur l’origine de la locution : « Manius Egeri<us lucum> Nemorensem, dit Festus, Dianae consecrauit à quo multi et clari uiri orti sunt et per multos annos fuerunt. Vnde et prouerbium: multi Mani Ariciae. Sinnius Capito longe aliter sentit ; ait enim lurpes et deformes significari, quia Maniae dicuntur deformes personae (cf. schol. in Pers., 6, 56) et Ariciae genus panni fieri quod + manici appelletur ». Nous savons, d'autre part, grâce à Martial (2, 19, 3) et à Juvénal (4, 117-118), que des mendiants guettaient les voyageurs sur le cliuus Virbi. Cette indication, rapprochée de progenies terrae, laisse supposer que Perse fait de Manius le nom générique de ces mendiants. L’obscurité n'existe ici que pour nous : elle est causée par le caractère proverbial et populaire de l’expression.

Nous lisons, au vers 57, progenies terrae: l'expression consacrée, dont Perse se sert un peu plus bas (v. 59), était #/ius ferrae (Serv.:in Verg. Georg., 1,9 : Achelous éerrae jilius fuisse dicitur, wf solet de his dici quorum per antiquitatem latent parentes ; et Minuc. Felix : Oct., 21,7: ut in hodiernum inopinate uisos eaelo missos, ignobiles et ignotos ferrae filios nominamus (cf. Tert.: Ad nat., 2, 12). On trouve chez Pétrone (43, 5): «nescio cui {errae filio » (3).

L'expression insolite rifu … generis (v. 59-60) est calquée sur rifu naturae (Pline : N. H., 7, 46). :

Perse fait, au vers 61, une application inattendue, et par là même

A} Cf Martial, ?, 19,3; 12, 82; 10.

(2) Cf. Otto: Sprichw., p. 208-209 (Manius).

(3) Cf. ibid., p. 344 (Terra à).

plaisante, d’une allégorie passée dans le langage courant (Varron: RP 3, 16, 9: quod de fructu nihil dixi, nunc cursu lampada tibi trado. CE. Lucr., 2, 79) (1). I y a peut-être une intention dans l'emploi du mot decursus: il s'applique bien à une carrière qu'il faut parcourir jusqu’au bout (cf. Cic.: De orat., 4, 1, 1: decursu (2) Lonorum) et, par conséquent, à la carrière de la vie (cf. encore Cic. : Epist., 8, 2, 2: Facilior erit mihi quasi decursus mei lemporis (dans sa province).

L'expression Venio deus huc ego ut ille pingilur (v. 62-63) n'a rien . d'énigmatique : elle évoquait immédiatement aux yeux des Romains l’image du dieu portant une bourse pleine.

Nous retrouvons dans les vers 68 à 71 le souvenir de plusieurs passages d'Horace : Sat., 2, 3, 125-126: Vngere si caules oleo meliore caputque Coeperis impexa foedum porrigine ; — 2, 2, 116-117 : Non ego … temere edi /uce profesta Quicquam praeter holus fumosae cum pede pernae ; — 2, 3,143: Veientanum /esfis potare diebus ; — 2, 8, 122-123: Filius aut etiam haec libertus w£ ebibat heres, Dis inimice senex, custodis? — 1, 4, 48-50 : At pater ardens Saeuit quod meretrice nepos insanus amica flius uxorem grandi cum dote-recuscet; — 2, 8, 88: ficis pastum iecur anseris albae (cf. Lucil., 268 Marx: anseris collus). Le jeu de mot fuus iste nepos renchérit sur le nepos filius d'Horace puisque le mot est à double sens: «ton petit-fils » et «ton polisson ».

Les vers 72 et 73 unissent la recherche à la crudité. L’épithète morosa est synonyme de /ashidiosa. Horace a dit (Sat., 2, 5, 90): « Difficilem et morosum olfendet garrulus ». On comprend dès lors la métaphore singultiet : sinqullire, comme Aÿo, a le double sens de sangloter et d'avoir le hoquet (cf. Gelse, 5, 26, 19 Daremberg : stomachus afficitur; itaque aut bilem uomunt aut sirngultiunt; ci. aussi Pline, 23, 48). Le débauché dont parle Perse a fini par se blaser sur les plaisirs trop faciles de la Vénus vulgaire : il lui faut maintenant les faveurs des patriciennes (3). L'emploi de wena appelle un rapprochement avec le festiculi uena ulla paterni de la Salire 1 (v. 103) (4.

) Cf. Otto: Sprichw., p. 185 (lampas).

NAT EICURSU

ESSAI SUR PERSE 497 Et, d'autre part, Horace (Sat., 2, 7, 52) a employé meiere dans le sens où Perse prend immeiere (1).

Mihi trama fiqurae sit reliqua, ast ulli tremat omento popa uenter (v. 73-74) est vraiment pittoresque. L’équivalent français de #rama figurae serait «un squelette ». Properce a exprimé lamême idée en disant (4, 5, 64): «Ossa inter tenues sunt numerata cutes ». 7rama, dont le sens s’est plus tard alléré, c’est proprement la chaine, lorsque les fils en sont séparés par les lisses pour livrer passage à la navette. Pline applique le mot aux parties à jour d’une toile d’araignée (N. H., 11, 81), et il est fort possible qu’il eût fourni au langage familier une métaphore usuelle pour indiquer une maigreur extrême: mais la combinaison #rama fiqurae est une sorte d’hyperbole qui porte bien la marque de Perse. « Saepe figuras Contuimur miras simulacraque luce carentum », lisons-nous chez Lucrèce (4, 34), et, chez Virgile (Én., 10, 61): « Morte obita quales fama est uolitare figuras ». Nous dirions : « l’ombre d’un fantôme » (2).

Popa uenter (v. 74) fait une antithèse amusante à {rama fiqurae et nous offre un exemple très hardi de l'emploi du substantif comme adjectif (cf. Prol., 13 : coruos poetas ; 1, 69: heroas sensus).

Vende animam lucro (v. 75) est peut-être traduit d’un proverbe grec (Ileot üVovc, 44, 9: 7ù D’ Ex rod mavrds epdaivery wvosuela Tic Yuye. — Plut.: De cohib.ira, 9, p. 457 D : êxt yao dv 0€n (0 Bupèc) Vuyñs wveiru).

Excute (p. 75: excute … omne latus mundi) est pris dans le sens métaphorique que nous avons rencontré 1, 49 et 5, 22. Dans le premier de ces passages, le mot retrouvait sa valeur propre; ici, où il n’est, en somme, qu’un équivalent de explora, il fait, malgré tout, une hyperbole plaisante : l’expression omne latus mundi a quelque chose de pompeux qui souligne l’effet (Hor.: Od., 1, 22, 19: quod latus mundi nebulae malusque luppiter urget; cf. 3, 24, 838: Mundi nec Boreae finitimum latus). Le ton se soutient dans la dernière partie du vers 76: ne sit praestantior-aller a été suggéré par Virgile (Én., 6,

(1) M. Fiske (mém. cité, p. 146) rapproche Lucil., 1195 Marx : /nguen ne exislat, papulae, tama, ne boa noxil, vers où inguen signifie, comme chez Perse, membrum uirile et qui a pu suggérer {rama par la ressemblance de son entre ce mot et {ama.

(2) Cf. Schünbach, op. cil., p. 58-59.

Ve sit vient

164: Misenum Acoliden, quo non praestantior alter). d'Horace (Sat., 1, 4, 40: dum ne sit Le ditior alter).

Le vers 77 offre une distribution tout à fait élégante des substantifs et des épithètes. Æigidus a le même sens que chez Ovide (Fast., 5, 529) : « Pars sibi pro rigidis calamos statuere columnis ». L'emploi de l'infinitif parfait n’a rien qui puisse nous surprendre chez Perse, surtout après praestantior, qui est l'équivalent de melior et, par conséquent, d’un verbe marquant le pouvoir. Plaudere fait songer à deux passages de Virgile où il est question de chevaux (Géorg., 3, 186: plausae sonitum ceruicis amare; — Én.,12, 85-86 : Circumstant properi aurigae manibusque lacessunt Pectora plausa cauis). Le mot ést bien choisi pour nous montrer le marchand d'esclaves palpant le bétail humain. On sent que Perse a soigné tout particulièrement ce vers descriptif.

Les trois derniers vers dérivent d'Horace (Epist., 1, 6, 34-35): «Mille talenta rotundentur, totidem altera, porro et Tertia succedant et quae pars quadrat aceruum». I est possible que le dernier mot ait rappelé à Perse le sorite (cf. Epist., 2, 1, 46-47: demo unum, demo etiam unum, Dum cadat elusus ratione ruentis acerui). Ruga, c’est ici le pli d’un vêtement (cf. Plaute : Casin., 246: uide palliolum ut rugat; — Pétronc: 102, 12: Vestes quoque diutius uinctas ruga consumit). Mais que signifie l'expression res redit in rugam? «Allegoricos dixit a uestibus, quod ad rugam plicentur », dit le scoliaste, ce qui suggère à Casaubon l'interprétation suivante: « redire in rugam pro multiplicari et ro Aathandtecda». Mais il est plus simple de croire que Perse, qui aime à modifier la signification courante des mots, a pris ruga dans le sens de sinus (1): or on sait que les Romains mettaient volontiers leur bourse dans le sinus de leur toge, d’où des expressions comme (Sén.: Epist., 74, 6) ad haec, quae a fortuna sparguntur, sinum erpandit et (Tac.: Hist., 2, 92) abditis pecuntis per occultos aut ambiliosos sinus.

Le vers 80 (Inuentus, Chrysippe, tui finitor acerui) fait un érait, et je dirais qu’il termine bien si, d’ailleurs, nous n’avions de sérieuses raisons de tenir celte satire pour inachevée (cf. supr., p. 844).

(1) Pline: N. H., 35, 56: « Articulis membra distinxit, uenas protulit, praeterque in ueste rugas et sinus inuenit ».

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