‹ Essai sur quelques modes de thérapeutique d'un usage courant chez les indigènes de TunisieChapitre 21 sur 27 · ARC · texte numérisé non relu

ARC

Cette vieille station repose au bord de la rive orientale du'golfe de Tunis. Le voyageur venant d'Europe, et qui au moment même où il double Île cap Carthage porte ses yeux vers l’est, aperçoit une petite tache blanche tapie au ras des flots au pied d’une chaîne côtière.

Cette petite tache est Korbous, constituée aujourd'hui par un ensemble peu étendu il est vrai, d’habitations européennes et arabes.

Ce sont ces sources chaudes et son climat particulièrement doux qui lui ont valu sa longue existence et ses forlunes successives. re

L'analyse des eaux de Korbous montre qu’elles sont chlorurées sodiques moyennes, et sulfatées calciques, hyperthermales. Elles contiennent einoutre comme substance particulièrement actives des phosphates (chaux et fer), de l’arséniate et des oxydes de fer, de la lithine, de la silice, des bicarbonates et chorures de calcium, magnésium, etc. Le professeur Gautier y a également décelé du fluor.

Deux sources surtout se disputent à Korbous les faveurs de ceux qui font appel à leurs vertus thérapeutiques.

Ce sont Ain Kebira, 57, et Ain Sbia, 4g°. Puis viennent ensuite Ain Chefaa, Ain Haraga, Ain Fakroun, Ain el Atrous.

Enfin à trois kilomètres de Korbous, près de la roule de la corniche se trouve la source froide d’Ain el Okteur, 18°.

Un établissement thermal européen, et un autre,

ee arabe, permettent aux baigneurs d'utiliser leurs propriétés curatrices. |

L'établissement thermal arabe dont lestyle ne dif- - fère pas de celui des maisons du village comprend dix cabines dé bains et une étuve souterraine.

Les dix cabines sont construites en maçonnerie grossière couvertes chacunes d’une voûte cylindrique probablement très récente puisque le D' Franck qui visitait vers 1805 les eaux de « Gourbos » (sic) écrivit plus tard que « pour ces baignoires il est indispensable d’avoir une tente. On se trouve ainsi dans un bain chaud à l'air libre et jouissant de la vue pittoresque de la mer. »

Chacune de ces cabines ou cellules est profonde d'environ 4 m, 20, large de 2 m. 20 el haute, de 2 mètres à la clef de voûte. On y accède par une ouverture basse regardant- le nord, à la fois porte et fenêtre, large en moyenne de o m. 80 et haute de 5 m. 10, Un rideau grossier tendu derrière cet orifice indique que la cabine est occupée.

Une piscine setrouve au centre de chacune d'elle, construite en gros appareil dont les éléments portent la trace évidente de la taille autique.

La piscine a généralement 2 m. 50 de long sur o m. 70 de large. La profondeur varie de 45 à 60 centimètres.

Une plateforme l'entoure afin de permettre au patient de se reposer et de faire la réaction dans une couverture au sortir du bain.

Ces piscines sont alimentées, grâce à une canalisa-

A ue

tion souterraine par l’eau à 57°, d'Ain Kebira dont la température après le trajet effectué et le réchauffement des parois de la baignoire tombe à 4%.

Quant à l’étuve souterraine, elle est constiluée par une cavité peut-être naturelle, creusée dans le travertin qui en constitue les parois. Une voûte de maçonnerie probablement antique la complète par-dessus, : Son plancher est constitué par un grillage de bois qui laisse filtrer les vapeurs et les émanations du filet d’eau coulant par-dessous.

Une simple couverture de laine ferme l'entrée de cette étuve et les sépare de la salle de repos attenante. é

De celle-ci un escalier de 14 marches conduit à la salle d'attente située au niveau du sol normakentre la 5° et 8e cabine de bains.

C'est encore l’eau d’Ain Kebira qui est utilisée ici, |

Rappelons que c’est dans l’eau de cette fontaine, à l'endroit même oùelle a jailli du sol à 59 degrés que les indigènes outcoutume de mettre leurs gargoulettes contenant les plantes dont la macération à chaud pendant quaranté-huit heures leur donnera la fameuse Medhach.On a vu d’après ce qui précède, le rôle important qu'elle joue dans le traitement de la. syphilis.

Voyons donc quelie est aujourd’hui la facon dont. les indigènes envisagent le traitement thermal et parmi eux quels sont ceux qui viennent recourir aux effets bienfaisants de l’eau.

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N'imporile quel malade, peut-on répondre avec assurance.

Pour les arabes la vertu curatrice des eaux est tellement ancrée dans leur esprit que ceux-la même à qui ellesseraient défendues en font peut-êtrele plus large usage malgré les réactions nettement défavorables qu’elles déterminent dans leur organisme. Maladie — cure thermale. Aussi voit-on défiler à la stalion les affections les plus diverses depuis les douleurs vagues des rhumatisants jusqu'aux vieilles myocardiles et aux tuberculoses ouvertes.

Dans le nombre des malades il yen a pourtant beaucoup qui s’en retournent très améliorés. Ce sont les enfants lymphatiques aux engorgements ganglionnaires, les scrofuleux, les rhumatisants, les névropathes souffrants, les asthéniques,lesemphysémateux et les bronchiteux chroniques, les impaludés, les atones du tube digestif, les diarrhéïques, et surtout les vieux syphilitiques aux gommes ülcérées et suppurantes, les eczémateux, et les impétigineux torpides.

Au point de vue gynécologique, la cure est efficace dans les fibromes, les salpingites et périmétrites chroniques, les dysménorrhées et les troubles de la ménopause, mais le nombre des clientes quant à ce sujet est infiniment faible. D'ailleurs elles ne pourraient avoir recours dans l'établissement arabe aux appareils nécessaires. Le pourraient-elles, qu'elles n’en demanderaient même pas les bénéfices, tant leur indifférence, et celle de leur mari

est grande à cet égard.

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