TIÉRAPEUTIQUE DE LA SYPHILIS
La syphilis est une maladie très répandue chez les indigènes, surtout dans sa forme héréditaire. Ceux-ci la connaissent bien en raison des accidents cutanés, osseux, naso-pharyngiens qu'elle provoque. Il est très fréquent de les voir se présenter à la consultation de l'Hôpital Sadiki demandant spontanément un remède pour la syphilis soit qu'ils sont atteints de douleurs osseuses, ou de plaies dont la nature ne leur paraît pas douteuse et la plupart du temps leur diagnostic est exact.
La syphilis n’a pas non plus chez eux un caractère honteux, c’est une chose pour ainsi dire naturelle dont on parle ouvertement en présence de tous les membres de la famille ou en public.
Pour toutes ces raisons la syphilis étant une maladie des plus anciennement répandue, est une de celles que les malades eux-mêmes ont pris l'habitude de soigner sans recourir au médecin.
Ils connaissaient autrefois très bien et apprécient encore l’action de l’iodure en potassium sur les lésions cutanées tertiaires, les plus répandues d’ailleurs, et venaient en réclamer souvent aux consul-
tations.
Ils connaissaient aussi l’action bienfaisante de ce remède sur les douleurs ostéocopes. Actuellement la plus grande rapidité d’aetion du 606 tend à détroner l'iodure quoique ce médicament, par la salivation qu’il produit souvent, le coryza et les sécrétions abondantes, réponde à l’idée que bien des Arabes se font de la syphilis et de son traitement. à savoir qu'il ne faut pas guérir trop vite les lésions cutanées, qu'il faut faire sortir à la peau suivani la vieille expression consacrée sous peine de voir la maladie rentrer-(ratsou), provoquer des désordres à l’intérieur, et revenir au bout d’un certain temps plus grave que la première fois.
Toute la conception du traitement populaire réside dans cette idée et cherche à faire éliminer le“ principe morbide par tous les émonctoires.
L'action de l’iodure de potassium étant connue parmi les nomades du Sud-Tunisien, c’est-à-dire par des gens très incultes, éloignés des grandes villes, fréquentant seulement quelques marchés de l’intérieur, nous avait fait croire que son emploi dansle traitement de la syphilis était très ancien. Quel n’a pas éténotre étonnement de voir que l'introduction de ce sel dans la matière médicale datait seulement de 1820 et que Wallace, Ricord furent les premiers à l’administrer contre les accidents tertiaires.
Cela prouve le succès et l’action réelle et certaine de ce médicament, car avant d'utiliser le 606 nous avons pu nous-même constater qu'aux fortes doses comme le recommande Fournier, 6 à 8 grammes par