‹ Essai sur Taine, son œuvre et son influenceChapitre 3 sur 86 · PREFACE DE LA PREMIERE EDITION , POTN · texte numérisé non relu

PREFACE DE LA PREMIERE EDITION , POTN

Je ne m’en suis pas tenu 14. Comme tous ccoux qui ont beaucoup écrit au jour le jour, Taine, trop difficile pour lui-méme, avait laissé mainte page de lui dans les

ne journaux ou Ce auxquels il avait collaboré. Ea a

dépouillant avec soin la Revue de l’Instruction publique, ©

le Journal des Debats, le Temps, la Nouvelle Revue de

Paris, la Revue des cours littéraires, j’ai retrouvé plus de soixante articles de l’auteur de la Littérature anglaise, — de quoi composer encore deux ou trois

volumes d’Essais de critique et d’histoire. Ik n’y avait la”

pas une page banale, pas une qui ne fut de queique intérét, et parfois, comme on le verra, d’un int¢érét sbavilal et c’était merveille de voir le grand écrivain, toujours avec la méme maitrise de pensée, toujours — ou presque toujours — ayec la méme perfection. de forme, aborder les sujets les plus divers et parler avec une égale compétence de La Rochefoucauld ou de Mendelssohn et la musique allemande, de Léonard de Vinci ou de Fustel de Coulanges, de Stendhal ou de Renan, de [Esprit moderne en Allemagne ou de Challemel- Lacour, de Cournot ou de Daudet, de M. Renouvier ou Auguste Comte... J’ai tiré un tres grand parti de ces pages perdues, presque inédites, que M° ‘Paine, jose Yespérer, ne voudra pas condamner a un injuste oubli, et dont elle m’a permis de publier, en appendicc & mon

‘livre, les extraits les plus essentiels.

, Grace aces « documents » de toute premitére main .et, jusqu’a ce jour 4 peu prés inutilisés, j’ai pu reconstiluer, avec une assez grande précision, la biographie intellectuelle et morale de Taine. J’ai pu refaire, non ; fp pas Jour par jour, mais presque année par année, l’his- toire de sa pensée; j’ai pu retrouver I’époque exacte a

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XX Se ie” ESSAI SUR TAINE

laquelle telle ou telle grande influence — influence: positiviste, par exemple — a commencé a s’exercer sur

son esprit. Des points restés obscurs se sont ainsi trouyés

€claircis, des idées erronées et pourtant courantes, -rectifiées. Et ce que j’en dis n’est que pour m’excuser: '

davance des obscurités et des erreurs que, sans aucun doute, j’ai encore laissé subsister dans ce travail. -Enfin, il va sans dire que j’ai tenu 4 m’entourer de

tous les secours extérieurs qui étaient de nature 4 me

faciliter ma tache. Depuis un demi-siécle bientét, on a beaucoup écrit sur Taine, soit en France, soit 4 l’étranger. J’ai dépouillé de mon mieux cette vaste « littérature », et je crois bien, ou du moins j’espére n’avoir rien négligé d’essenticl. Bien rarement ces travaux m’ont étéinutiles et j’ai taché d’en faire passer la substance dans ce livre. J’ai retiré, ce semble, un double profit de

ces lectures. D’une part, elles m’ont permis, je n’ose

dire de mesurer, mais tout au moins de caractériser avec: une cerlaine précision l’influence exercée par Taine. En. second licu, elles m’ont servi 4 compleéter, a contrdler,) a rectifier les impressions que j’avais emportées de Pétude personneile des textes. Il y a des idées dont on nest stir que lorsqu’on en retrouve l’expression dans des écrivains dont Ja justesse Wesprit et la fine pénétration sont connues de nous de longue date. I y a des formules qui ne nous viennent sous la plume que lorsqu’on en a découvert l’ébauche et comme le pressentiment dans ces mémes écrivains. Il en est d’autres qu’on n’aurait pas trouvées tout seul, qui sont pour; nous comme des traits de flamme éclairant tout un: aspect de l’ceuvre qu’on étudie et qu’on ravit avec recon-

haissance 4 ceux qui les ont inventées. Il faut, comme

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