XXVI . ESSAI SUR TAINE
son ceuvre, saper définitivement les parties caduques, mettre en valeur les parties solides et saines, distribuer sur toutes ce mélange d’ombre et de lumiére qui donne tout leur prix aux monuments du passé. — D’autre part, il ne suffit pas de critiquer, il faut reconstruire. Ruineux ou non, Védifice intellectuel que Taine a bati de ses fortes mains a abrité deux et presque trois générations. Cela seul suffirait 4 le rendre respectable. Mais quand on ena mesuré les larges assises, quand on ena visité les multiples et vastes dépendances, quand on s’y est reposé quelques heures, quand on en a longuement contemplé les puissantes proportions et la majestueuse harmonie, on est comme effrayé a Pidée qu’on pourrait vous prier de le rebatir. On consulte ses forces, et on les sent insuflisantes. On veut bien” signaler quelques vices de construction, quelques détails manqués, quelques aménagements qu’on etit souhaités plus confortables; on consent A préparer quelques matériaux, 4 donner quelques modestes conseils de bon sens et d’expérience personnelle 4 l’architecte de Vavenir; tout au plus, plus tard, beaucoup plus tard, mettra-t-on 4 son service une sincére bonne yolonté et un ardent désir d’étre utile et, sous sa direction, essaiera-t-on de travailler 4 lune des ailes du nouveau monument. — Enfin, quand j’aurais eu en métaphysique et en psychologie, en esthétique et en histoire, en sociologie et en critique des idées plus originales et plus intéressantes que celles que je découvre en moi, ce n’est pas de moi qu'il s’agit ici, mais de Taine; ce n’est pas de mes vues personnelles appa- remment qu’on sera curieux, mais des siennes. Ce que . me demanderont ceux qui ouvriront ce livre, c'est |