‹ Essai sur Taine, son œuvre et son influenceChapitre 66 sur 86 · Id., ibid., p. 78, 81, 8a · texte numérisé non relu

Id., ibid., p. 78, 81, 8a

' 2. Id., ibid., p. 74-75.

4 AVG

330 ESSAI SUR TAINE ee

la science. L’homme qui, parcourant les lois de l’esprit et

~ de Ja matiére, s’apergoit qu’elles se réduisent toutes a une

loi unique, qui est. que VEtre tend a exister; qui voit cette nécessité intérieure, comme une 4me universelle, organiser les systémes d’étoiles, pousser le sang de Vanimal dans ses veines, porter l’esprit vers la contemplation de l’infini; qui voit le monde entier sortir vivant et magnifique d’un unique et éternel principe, ressent une joie et une admiration plus grandes que le dévot agenouillé devant un homme agrandi...* » Crest déja P « hymne » célébre qui termine les Philosophes classiques.

Les religions se rendent rarement justice les unes aux autres ; elles se méconnaissent souvent et ne se comprennent pas toujours. La rivalité de leurs ambitions et de leurs espérances nuit & la sérénité de leur pensée, a la lucidité de leur regard. Cette religion de la science, dont Taine fut un des prophétes, — car déja il confond, comme il le fera toute sa vie, la « science » et la « philosophie », — celte religion de la science ne pouvait faire exception & la loi commune. Dans les lettres de jeunesse, notamment, le mépris & l’égard du christianisme s’étale d’une maniére parfois bien naive. « Je Ven supplie, écrit Taine 4 Paradol, ne reste pas ot tu en es. Les chrétiens eux-mémes, Descartes, Malebranche, sont supérieurs a tol en ce moment ; cela n’est pas honorable. » Une autre fois, il lui. écrit : « Tu as bien souffert en entendant ton jeune ami dire : Qui sait sien mourant je n’appellerai pas un prétre! Avec tes opinions chancelantes et probables, es-tu sir que tu n’en feras pas autant) Ne ris pas. M. Gratry, éléve des plus distingués de l’Ecole polytechnique, ayant obtenu le prix de philosophie au concours, adepte passionné de Saint-Simon pendant longtemps, s’est fait prétre catho-

Page 1