‹ Essai sur Taine, son œuvre et son influenceChapitre 67 sur 86 · Id., ibid, p · texte numérisé non relu

Id., ibid, p

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5) “Bae oc, a APPENDICE IV 7 Fi et Ded lique ; il est notre aumonier maintenant. Cela est terrible a penser, n’est-ce pas? » Et il ajoute un peu plus loin: « Mon Dieu n’a rien de commun avec le Dieu-bourreaudu christianisme, mi le Dieu-homme des philosophes du second ordre’. » Accent a part, on pourrait croire que |’ Encyelopédie a passé par la. De fait, A cette chaleur de conviction -personnelle se joint l’ardeur du prosélytisme. Ce ne sont pas seulement ses deux grands amis, Paradol et Edouard de Suckau qu’il entretient dans le culte du vrai Dieu selon Marc-Auréle, Spinoza et Hegel, et dans la bonne docirine : par eux il essaye d’en atteindre d’autres, Gréard, « notre Gréard », About, Crouslé: « Je dirais done a

notre Gréard: Le vrai Dieu a ce que tu aimes dans le —

Dieu chrétien ; il n’a pas ce que tu y méprises... » « Vois Edmond [About]... C’est une force capable de se porter de tous célés... Je Pai vu étudier Platon pendant un mois de suite; le plaisir de battre les catholiques en ferait pour six mois un bénédictin. Il est surtout agissant et militant. C’est de ce cété qu’il faut lui représenter les choses. » « Crouslé est bien dispos¢. Plantes-y le bon grain. Notre puissance est bien petite. Plus tard, peut-étre?...? »

En attendant, — il est juste d’ajouter que nous som— mes aux premiéres années du Second Empire, — les choses et les hommes du catholicisme ont en lui un observateur délaché, ironique et peu indulgent. Au sortir

de l’Ecole normale, Taine est nommé suppléant de philo- |

sophie a Nevers: « l’'aumonier, déclare-t-il, a plus d’es- prit, mais c'est un coquin » ; « l’évéque est dangereux? » ; notre philosophe avoue d’ailleurs qu’il a « un bon recteur, quoique prétre* », et il écrit sans sourciller: « le grand

. Id., ibid., p. 151, 153, 154.

. Id., ibid., p. 138.

. Id., ibid.. p. 146

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: H. Taine, etc., t. I, p. 82-83, \

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étouffoir, le clergé!. » Un autre jour, il dit 4 sa mere et a ses seeurs: « A propos, nous sommes allés en corp | - écouter un Te Deum. Quelles singeries #! » Ne nous éton-! nons pas de ce.ton voltairien : pour le futur auteur des Philosophes classiques, toute histoire des six derniers. | siécles se ramene a « une grande guerre contre I’Eglise ela le dogme ». « J’ai beau regarder, ajoute-t-il, je ne vois | de science possible que comme-une guerre*. » « Tu peux faire de Marc-Auréle, écrit-il 4 Edouard de Suckau, un livre charmant, qui sera lu, qui fera des honnétes gens, des paiens (c’est la méme chose), des philosophes (encore la méme ‘chose)... Marc-Auréle... est un Jésus-Christ paien*. » « Marc-Auréle est mon catéchisme® », disait-il encore. Et a prés de quarante ans de 1a, il écrivait A son ami Emile Boutmy: « J’avais emporté mon Evangile, Marc-Auréle : c’est notre Evangile, & nous autres qui avons traversé la philosophie et les sciences; il dit aux gens de notre culture ce que Jésus dit au peuple. Mettez-le sur votre table de nuit ou sur un coin de votre bureau, et lisez-en trois ou quatre phrases tous les jours ; elles sufficont pour alimenter votre réverie pendant toute la journée... Voila bien le testament supréme de toute I’antiquité, d’un monde plus sain que le notre... Un vieillard comme moi y trouve juste, avec la saveur parfaite, l’aliment final qu il lui faut’. » Le tona quelque peu changé; mais la pensée est restée la méme. Elle devait rester la méme jusqu’au bout. , mee Nous en avons encore une preuve, singulitrement éloquente, émouvante méme, dans la lettre, — qui va deve- ~ nir historique, — de Taine & M. Bourget sur le Disciple.

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