Id., ibid., p
er APPENDICE IV a 337
“ cisme, il le placait dans l’ordre de la connaissance rationnelle: ce qu'il appelait, d’un mot d’ailleurs inexact, la Science, lui inspirait les mémes transports, les mémes « ravissements », la méme infinie confiance, que sa religion au plus anthoasiaste des croyants. On nous rapporte acet égard un mot qui le peint tout entier: « Je suis le contraire d’un sceptique, — c'est M. Chevrillon, son propre neveu, qui parle, — nous dit-il un jour, tout ala
fin de sa noble carriére. Je suis un dogmatique. Je crois.
tout possible a Vintelligence humaine. Je crois, qu’avec des données suffisantes, celles que pourront fournir les ins- ‘truments perfectionnés et l’observation poursuivie, on pourra tout savoir de homme et de la vie. Il n’y a pas de mystére définitif'.» Telle était l’origine de son opposition -intime au catholicisme, et cela dans les moments mémes ou il en parlait avec le plus d’intelligente sympathie: on se rappelle les pages célébres qui, dans les Origines, terminent les chapitres sur I’Kglise: d’un accent moins apre, elles affirment aussi nettement que le premier article publié par Taine dans Ja Revue des Deux-Mondes, Popposition radicale, absolue de « la conception scientifique » et de « la conception catholique du monde ». Sur ce point essentiel, il n’a jamais varié, et, 4 cinquante ans d@intervalle, l'état d’esprit de sa quinzi¢me année, tel qu'il sexprime dans le morceau sur la Destinée humaine, lui dictait encore les mémes conclusions.
Ce n’est pas que, parfois, il n’ait eu, semble-t-il, quel-\ que regret-d’en ¢tre réduit 4 maintenir ses anciennes conélusions. Ne nous lassons pas de citer les Origines: « Il
“Wy a que lut [le christianisme] pour nous retenir sur notre pente natale... Ni la raison philosophique, ni la culture ar- “tistique et littéraire, ni méme l’honneur féodal, militaire et chevaleresque, aucun code, aucune administration, au-