Andre Chevrillon, art. cit., p
cun gouvernement ne suffit 4 le suppléer dans ce service.» Qu’est-ce a dire? et comment concilier tout cela ? Jadis, c’est tout le christianisme qu’il répudiait en bloc ; et le protestantisme ne trouvait pas plus grace 4 ses yeux que le catholicisme : « Oh! cher ami, écrivait-il en 1856 a Paradol, ne nous rends pas protestants, laisse-nous voltairiens ou spinozistes... Arriére les bouchers, les fanatiques, les trembleurs, les puritains, les inventeurs du cant. Gardons la moquerie, la hardiesse d’esprit, voire les licences de l’Ecole!. » Quelques années plus tard, —il avait vu Angleterre et longuement. étudié la littérature et la civilisation anglaises, — ses idées s’étaient modifiées sur ce point. Dans des notes personnelles, qui sont datées d’octobre 1862, et qu’on nous a conservées, il disait :
J’ai bien un idéal en politique et en religion; mais je le sais impossible en France ; c’est pourquoi je ne puis avoir qu'une vie spéculative, point pratique. Le protestantisme libre comme en Allemagne sous Schleiermacher, ou 8 peu prés comme aujourd’hui en Angleterre... Mais le protestantisme est contre la nature du Francais... Rien & faire, sinon... 8 amoindrir la yiolence du
catholicisme et de l’anticatholicisme, & vivoter avec des. tempéraments...?.
Que Taine n’a-t-il pas profité de ses voyages en Angleterre pour étudier sur place les choses et les hommes du mouvement d’Oxford! Peut-étre cette étude lett-elle amené 4 modifier également ses vues sur la nature et sur Vavenir du catholicisme. Mais visiblement, il a ignoré et Wiseman, et Manning, et méme cet admirable Newman. Les Notes sur Angleterre, qui ont été rédigées définitive= ment'pendant la guerre, et publiées en 1871, ne font au-~ cune allusion aux héros et aux événements de la renais~ sance catholique anglaise, et il est & tout le moins facheux: