PREFACE DE LA PREMIERE EDITION XXIX
rigoureuse exactitude historique qu'il essayait de nous inculquer et dont il nous donnait de si ingénieux exemples. M. G. Monod, dont les Maîtres de /'histoire m7ont été d'un si constant et si précieux secours, et qui avait connu Taine, a bien voulu, et je l'en remercie vivement, me fournir diverses indications dont j'ai tâché de faire mon profit. Enfin, Ton retrouvera souvent à travers ces pages la trace de l'enseignement et des livres de M. Brunetière : tous ceux qui ont pratiqué ce maître original et hardi savent tout ce que Ton peut prendre chez lui d'idées fortes et fécondes : ce serait pour moi un devoir, si ce n'était surtout un plaisir de dire combien je lui suis redevable.
Ce ne sont pas là les seules obligations que j'aie contractées. Feu M. Charles Bénard, qui fut professeur de Taine au collège Bourbon, M. Charaux, qui a été son condisciple à l'Ecole normale, surtout M. de ^ogiié, dont on sait la 1( nichante et profonde affection pour Fauteur des Origines, m'ont permis de les « feuilleter », comme lui-même aimait à dire, et de puiser à pleines mains dans le trésor de leurs souvenirs. M. Lachelier et M. Boutmy qui ont écrit sur Taine de très beaux articles, lesquels, n'étant pas encore recueillis en volume, ne sont peut-être pas connus du grand public comme ils le mériteraient, m'ont gracieusement autorisé à en publier d'importants extraits. Non content de s'intéresser à ce travail, M. Boutroux n'a cessé de me prodiguer ses encouragements et ses conseils et il a bien voulu me permettre d'inscrire son nom en tète de ce volume. Je les prie tous ensemble de recevoir l'expression de ma sincère reconnaissance.
J'ai aussi toute sorte de remerciements à adresser à
ESSAI SLU TAINE
M. de Spœlberch de Lovenjoul, dont tous les travailleurs connaissent les collections uniques, rétonnante érudition et la complaisance infatigable ; à l'un de mes jeunes camarades d'Ecole normale, M. Augustin Léger, qui a eu L'amabilité dé me communiquer les notes qu'il avait recueillies, pour une intéressante étude, encore inédite, sur Taine et l'Angleterre, et qui s'est livré pour moi, au British Muséum, à un très fastidieux supplément d'enquête; à mon collègue et ami, M. Gustave Michaut, dont l'esprit méthodique et précis, dont l'information étendue, dont le goût si sûr, dont l'inépuisable obligeance enfin, depuis six ans que nous travaillons côte à côte, ont été par moi si souvent mis à l'épreuve : je ne dirai jamais assez tout ce que ce livre lui doit.
Enfin, j'ose espérer que Mme Taine voudra bien me permettre de lui exprimer publiquement ma respectueuse et profonde gratitude. Elle m'a aidé dans toutes mes recherches. Bien loin de se laisser décourager par la liberté même de ma critique, elle a tout fait pour en favoriser la complète expression. Elle m'a libéralement fourni tous les renseignements que j'avais à lui demander. Plus d'une fois, sa bienveillance a prévenu ma curiosité. On ne saurait avec plus de délicatesse, de bonne grâce accueillante et d'activé générosité servir les vrais intérêts d'une illustre et chère mémoire. Je voudrais m'être rendu entièrement digne d'une confiance qui m'a vivement touché.
Un dernier mot. Ce livre, sous une forme un peu différente, il est vrai, de celle sous laquelle il se présente aujourd'hui au public, a d'abord été professé, durant le semestre d'été 1897, à l'Université de Fribourg en