‹ Essai sur Taine, son uvre et son influenceChapitre 24 sur 85 · Débats du 27 mai · texte numérisé non relu

Débats du 27 mai

bien compris « que chaque peuple, comme chaque homme, est un individu, une personne distincte..., et que la véritable histoire est celle qui, prenant son caractère à son origine, en suit, à travers les siècles, les transformations et les effets », il ajoutait : « A mon avis, cette découverte, qui est presque contemporaine, a renouvelé toutes nos études. Augustin Thierry la faisait, de son côté, en cherchant les causes des grands événements clans les différences de races1. » C'est dire, je pense, assez clairement que la conception que Taine s'est faite de la race anglaise, procède en ligne directe des Etudes de littérature comparée et surtout de Y Histoire de la conquête de V Angleterre par les Normands.

Parmi les écrivains anglais cpi'il fit, si je puis dire, collaborer à son œuvre, — je néglige, bien entendu, les auteurs un peu spéciaux, les Turner, les ^\ arton, les Froude, — quatre, surtout, me paraissent alors avoir exercé une assez forte action sur sa pensée. J'ai déjà parlé de Macaulay : mais j'imagine que Taine dut refaire sérieuse connaissance avec lui, ne fût-ce que pour le présenter, on sait avec quelle compétence et quelle sympathie, — en avril 1807, — à ses lecteurs. « Pour aller chez ses voisins, un Français doit faire deux voyages. Quand il a franchi la première distance, qui est grande, il aborde sur Macaulay » : par la « position intermédiaire de son esprit entre l'esprit latin et l'esprit germanique », le grand historien doit l'attacher et le séduire ; et il « revient volontiers à l'éloquence continue, à la raison vigoureuse, aux prévisions modérées, aux théories prouvées de ce généreux et solide esprit ». — Mais « qu'il se rembarque: il lui faut entreprendre une seconde traversée, aussi longue, pour parvenir, sur Carlyle, sur un esprit foncièrement germanique, sur le vrai sol anglais ». Carlyle, en effet, est

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