‹ Essai sur Taine, son uvre et son influenceChapitre 9 sur 85 · ESSAI SIR TAINE · texte numérisé non relu

ESSAI SIR TAINE

laquelle telle ou telle grande influence — l'influence positiviste, par exemple — a commencé à s'exercer sur son esprit. Des points restés obscurs se sont ainsi trouvés éclaircis, des idées erronées et pourtant courantes, rectifiées. Et ce que j'en dis n'est que pour m'excuser d'avance des obscurités et des erreurs que, sans aucun doute, j'ai encore laissé subsister dans ce travail.

Enfin, il va sans dire que j'ai tenu à m'entourer de tous les secours extérieurs qui étaient de nature à me faciliter ma tâche. Depuis un demi-siècle bientôt, on a beaucoup écrit sur Taine, soit en France, soit à l'étranger. J'ai dépouillé de mon mieux cette vaste « littérature », et je crois bien, ou du moins j'espère n'avoir rien négligé d'essentiel. Bien rarement ces travaux m'ont été inutiles et j'ai tâché d'en faire passer la substance dans ce livre. J'ai retiré, ce semble, un double profit de ces lectures. D'une part, elles m'ont permis, je n'ose dire de mesurer, mais tout au moins de caractériser avec une certaine précision l'influence exercée par Taine. En second lieu, elles m'ont servi à compléter, à contrôler, à rectifier les impressions que j'avais emportées de l'étude personnelle des textes. 11 y a des idées dont on n'est sûr que lorsqu'on en retrouve l'expression dans des écrivains dont la justesse d'esprit et la fine pénétration sont connues de nous de longue date. Il y a des formules qui ne nous viennent sous la plume que lorsqu'on en a découvert l'ébauche et comme le pressentiment dans ces mêmes écrivains. Il en est d'autres qu'on n'aurait pas trouvées tout seul, qui sont pour nous comme des traits de flamme éclairant tout un aspect de l'œuvre qu'on étudie et qu'on ravit avec reconnaissance à ceux qui les ont inventées. 11 faut, comme

Page 1