MM II 3; AM i
8. Portrait actuellement au musée Fitzwilliam, à Cambridge. Reproduit dans CT I, frontispice.
9. Père très probablement buveur : irritabilité et jalousie ; nombreux enfants, avec méningisme hérédoéthylique et polyléthalité (Dr. Hesnard). On comparera le cas de Gray à celui de Sterne. Cf. H. D. Traïll, Sterne (EML,), Londres, 1882, 3-4.
FonEx. TI 1555: 11. CT II 68. Il avait alors 31 ans.
10 LE SOLITAIRE DE PEMBROKE Jet
trace. En 1750 il se plaint de son apathie, mais nullement de la santé de son corps ”?. "
Les symptômes proprement physiques de son état maladif se résolvent en une série de troubles arthritiques qui se développèrent à partir de l’âge de trente-huit ans. Dans son carnet de poche de 1754, on lit, le 19 mars : « Crampe dans un mollet, douleur et contraction dans le genou et la hanche droite à plusieurs reprises ce mois-ci, accompagnées d’une douleur sourde dans le dos, audessus des reins, surtout au réveil, et en me baissant. Eruption et démangeaison au poignet, et douleur fréquente dans le pied gauche »13. Après quoi la vie intime du poète se referme, et il faut attendre les renseignements du carnet de 1755.
Nous voyons là, dès le début, méticuleusement consignés, les. nuits sans sommeil et les réveils fiévreux. De navrants détails y sont donnés sur les mauvaises digestions, les désordres intestinaux et leur cortège de pénibles misères, Des douleurs localisées se succèdent en ordre ininterrompu : exanthèmes, tumeurs, crampes, oppressions et vertiges 14 En août, d'autre part, il écrit à Chute : « J'ai consulté un médecin; il m'a saigné et m'a fait prendre une potion de sel d’absinthe avec du citron, de la teinture de gaïac, de la magnésie et le diable. Vous en concluerez aussitôt qu’on me croit rhumatisant et fiévreux. Rien de pareil : on estime que je suis goutteux et que je n’ai pas de fièvre. Tout ce que je peux dire, c’est que ma température du matin est tombée; que mon pied recommence à me faire mal; que je souffre de la tête; que j'ai la sensation qu'elle est vide et qu’elle tourne » ‘5.
Cette crise s’apaisa; mais l’état général en demeura troublé. A la fin du mois, il a encore « beaucoup de douleurs légères, des sommeils interrompus, qui ne me délassent pas. Je suis moins fiévreux le matin; mais j'éprouve une sensation de fatigue. Douleur dans les deux pieds, qui se calme dans le courant de la journée; vertiges fréquents et vide dans la tête. Je me lasse très vite si je veux me donner du mouvement. Parfois j'ai une douleur légère dans la poitrine, comme cet hiver » 6. Il omet ici quelques détails délicats à avouer : le carnet de poche nous les fournit. Les symptômes digestifs, manifestations désormais permanentes du mal, préparent insidieusement la crise prochaine.
En janvier 1756 la constipation tenace et ses complications paraissent enrayées. « Je crois pouvoir dire que cet émollient a absolument guéri le mal dont je vous parlais, et, au surplus, la mauvaise habitude qui peut-être en était la cause, et les douleurs intermittentes que j'ai parfois ressenties aux articula-
13. D’après une page spécimen dans le Catalogue of rare books, sold by auction by Messrs. Hodgson and Co., London, Dec. 15 th, 1916, p. 226.