I-ù LES SOURCES DE LA MÉLANCOLIE EX
tions »17, Guérison illusoire. En juillet, s’il n’a plus de « douleurs, ni d'inflations musculaires », il souffre d’une «grande dépression »!#, En octobre, le mal empire; on lui conseille de « provoquer une crise de goutte »; mais, n'étant pas absolument immobilisé, il préfère supporter «un grand nombre de moindres mivores » 0
L'année 1758 se passe sans inquiétudes. Au commencement de 1759, la goutte réapparaît. En avril, il en enregistre le « troisième retour dans l’espace de trois mois, pire que les deux premiers. La crise est en quelque sorte arrivée à son terme; je n’en suis que plus près d’être estropié, sans être le moins du monde plus riche » 2.
Un apaisement de trois ans coïncide avec son séjour à Londres. Vers la fin de 1763, les tortures recommencent. « Depuis la dernière fois que je suis allé à la ville, au début de novembre, j'ai beaucoup souffert d’une affection dont je vous ai souvent parlé, et qui est maintenant devenue presque constante. J'ai abandonné le vin, et je mange moins que d'habitude. J'ai fait usage des applications ordinaires en pareil cas; maintenant j'emploie du savon »?1. Cette « affection » devint si grave que les médecins, croyant à une fistule, jugèrent une opération nécessaire ??. Après de longs atermoiements, Gray se résigna à Îa subir : « Je suis mieux maintenant que je ne l’ai été depuis au moins un an. » Il ne se plaint plus que d’une légère atteinte de goutte, « une vraie mignonne, avec laquelle on pourrait jouer » ?.
En janvier 1765, le mal attaque la vue. « J'ai une affection aux yeux qui pourrait me mener à la cécité. Elle consiste à ne pouvoir lire du tout d’un œil, à avoir souvent des mouches volantes dans l’autre » 3, La goutte se renouvelle en avril, « très légère quant à la douleur, mais laissant après elle faiblesse et lassitude »?#; en juin, où il est contraint de s’aliter 5. En janvier 1767, Gray souffre d’un malaise nouveau : « Quelque chose se forme dans ma gorge, que rien ne peut faire passer, et qui, je le suppose, obstruera le passage un beau jour. Je circule cependant, et la douleur est très légère »2#. Au mois de décembre, la goutte et « un autre de ses fâcheux compagnons »?? le retiennent. Au printemps suivant, il a encore « deux attaques successives de goutte »?$; puis, après un long intervalle de répit et de santé satisfaisante «les maux de tête reviennent avec persistance, accompagnés de murmures de goutte » ??.
Vers le milieu de l’année 1770, les signes précurseurs de la crise ultime se manifestent sous la forme de « douleurs particulières
FL 1,280. 16- EL 71 307. 19- CLIT/r73.