‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 12 sur 446 · CLITEEECT, 102: 28. TL, III 210. 29: TI, III · texte numérisé non relu

CLITEEECT, 102: 28. TL, III 210. 29: TI, III

12 LE SOLITAIRÉ DE PEMBROKE J ÉRSNT.

dans la tête, sensation qui m'était encore inconnue »%. À la fin de septembre, il se plaint « d’indispositions fébriles »%1. À partir du mois d'octobre, il ne connaîtra plus de soulagement. « Voilà trois semaines et plus qu’une crise de goutte m'oblige à garder la chambre, et c’est aujourd’hui seulement que je peux marcher sans aïde » *?. En novembre, il n’est «sorti qu’une fois des murs du Collège. Cette journée fut employée à aller aux Collines, en manière de prendre l'air après la goutte. J'ai attrapé un tel rhume, et je tousse tant, que je n’ai eu de repos ni jour ni nuit »*. Une courte amélioration fut aussitôt suivie d’une rechute. Il écrit en février 1771: «Voilà plus de trois mois que la toux me harcèle; elle est inguérissable » 54,

I1 disait vrai. Nous le voyons en mai, «sans santé ni courage », renoncer à un voyage projeté avec Nicholls 35. Il est maintenant à Londres, entre les mains du docteur Gisborne. Ses lettres sont attristantes : « Jusqu'à cette année, je ne savais guère ce qu'était la dépression physique : maintenant je tremble au souffle du vent d'ouest »%, Au cours de sa dernière visite à Horace Walpole, il se plaignit « d’être malade ». Walpole le trouva très changé®’. Le 22 juillet, selon son biographe, seul à Londres et sentant s’abattre sur lui l’ombre de la mort, il revint à Cambridge®f. Deux jours plus tard, pendant le dîner dans le Hall de Pembroke, il eut une nausée; on dut le transporter dans sa chambre. Les docteurs ne purent arrêter les spasmes et les convulsions qui se répétèrent pendant les jours suivants. I1 tomba bientôt dans une torpeur, et la mort vint paisiblement dans la nuit du 30 juillet °°. La goutte avait « atteint l'estomac », pensèrent les médecins d’alors 4. Ceux d'aujourd'hui supposent qu’il mourut par le cerveau, et attribuent sa fin à l’artériosclérose 1, Il n'avait pas encore cinquantecinq ans.

Dans l'histoire de ce goutteux, l'élément grave n'est pas la goutte, mais l'incapacité de la subir. Si Gray résiste faiblement à la douleur, c’est qu’il possède un système nerveux débile : voilà la tare profonde, héritée. Avant l'éveil même de sa conscience, l'inquiétude s’était installée dans sa vie. Dans les plus insouciantes paroles s'expriment les plus secrets instincts. Gray reçut un jour un portrait de son jeune ami de Bonstetten : « I1 ne lui ressemble pas plus que je ne ressemble à Hercule, » déclara-t-il aussitôt, se rappelant Hamlet #. I] se voyait physiquement inférieur.

30: FILE 7: 31. PLATE 205 32: TL, II 504; 33-TT,- IIT 296: 34.-TI, TITI 302. 35. TL IIXI 318-0. 56 TE TI S20. 37. MW IV 211. 38: GI, 205:1cf. AT, ITS 27.

39. Voir, pour tous ces détails, les lettres écrites par James Brown au chevet du mourant, MW IV 203-7. ,

40. Souvenirs de William Cole, AM xcix. Brown dit de même, MW IV 204.

41. D’après les « fréquentes convulsions » indiquées par Brown, 1bid. (Dr. Hesnard).

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