‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 113 sur 446 · TL, III 269, pour tout le paragraphe · texte numérisé non relu

TL, III 269, pour tout le paragraphe

107. TL, III 270, 271-2, 274-6, 281-3. 108. Dr. Hesnard. 109. TI, III 271. ÉEO A PI/-TEI 287; rs TI 2075200: HE2 Li LE 272; ET PL -TIe27T.

114. TL, III 271-2. On remarquera que Gray copie presque textuellement les notes sur Platon de son Commonplace Book. Cf. GW IV 249.

120 LES SENTIMENTS Il-iv

de la beauté prostituée, propriété de ceux qui peuvent se permettre de l'acheter, vous feraient donc abandonner un esprit et un corps naturellement distingués des autres à la folie, à l’indolence, à la maladie et aux vains remords ? » 115

En même temps, il l'appelle, du plus profond de lui : « Mon cher de Bonstetten ! » « Mon meilleur, mon aimable ami! » 116 I] se dit tantôt son «très fidèle et très humble despote » 17, tantôt « expose son cœur à sa vue, sans désirer cacher une seule de ses pensées à ses yeux pénétrants » 118, Mais attendri, soufirant, suppliant, il réclame aussi la possession : « Allons, montrez-moi votre cœur simplement, sans l'ombre d’un déguisement. Et laissez-moi pleurer, comme je le fais en ce moment — peu importe si c'est de joie ou de douleur » 11°. : :

Joie douloureuse, car il ne lui reste que la triste satisfaction du souvenir 1%, Son corps dépérit, son âme languit. Il n'avait pas encore compris « combien ce frêle corps sympathise avec les angoisses de l'esprit ». Son humour n'avait pas encore été aussi. désolé, ni n'avait enfermé une aussi tragique ironie : « Je suis devenu vieux en moins de trois semaines, comme le sultan des contes turcs qui plongeait la tête dans un baquet d’eau et la retirait sur l’ordre d’un derviche, et s’apercevait qu'il avait passé de nombreuses années en captivité et engendré une nombreuse famille d'enfants. La force et le courage qui me permettent maintenant de vous écrire, je ne les dois qu’à votre dernière lettre, rayon de soleil fugitif. Dieu sait quand il brillera à nouveau |! » 121

Joie décevante, et qui avive la douleur des joies perdues. Décevante satisfaction, car «ce n’est pas le voir que de s’en souvenir ». Son imagination s’enfièvre jusqu'à l’hallucination : « Ma vie n’est qu'une conversation avec votre ombre. Le son familier de votre voix retentit encore à mon oreille. Là, au coin de la cheminée, vous êtes debout. Vous jouez sur mon piano. Vous voici étendu sur mon sofa» 1*%, En vain, songe-t-il au projet d’un voyage en Suisse : « C’est trop beau pour jamais se réaliser, et chaque fois que je relis votre lettre vraiment bonne, écrite il y a longtemps de Londres, je m'arrête sur ces mots : « La mort qui peut glacer nos bras avant qu'ils se soient entrelacés » 123, I] relisait les lettres anciennes plusieurs fois Accablé de noires visions, il repassait sa triste carrière. Jadis, il avait aimé Walpole, mais avec combien de fantaisie ! Maintenant, l’irrémédiable l’écrasait : « Tout mon temps se passe, et c'est un travail plus qu’herculéen, à pousser les heures lentes, à vouloir les annihiler; plus je fais d’efforts, plus elles avancent lourdement, plus elles se font longues. Je ne peux supporter cet endroit, où j'ai vécu de nombreuses années de déso-

115. TL, III 282. TO. EL AIS 77, 272. Er7. DL CTI 282. MSP III 283 119. TI, III 272. 120. TT IT 287. Ter IUT 7T. 1220 TI 0 123 TI III 283.

Page 1