‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 117 sur 446 · MW V · texte numérisé non relu

MW V

124 LES SENTIMENTS Il-iv

ici que je me sens anéanti, sans notre ami perdu. Ici je vivais toujours de sa pensée. Mais la vision s’est évanouie » 15%.

Ils l'avaient tous vénéré, chacun selon sa nature. Même de Bonstetten, qui déclarait encore en 1780 : « Je ne cesserai jamais de le regretter » 15, À chaque heure, il avait trouvé en l’un d’eux l'ami qu'il « demandait au ciel » 11, Ils avaient fait briller pour lui quelques lueurs d’enjouement. Il était venu leur dire ses misères et ses maussades plaisanteries; leur avait confié ses pauvres joies, fait partager ses menues activités. Il avait été heureux de les voir, heureux de leurs lettres; et il s'était occupé sérieusement à leur écrire. Il avait souri à leur retour. Strawberry Hill, Old Park et Blundeston; Londres et les théâtres, Arlington Street, Southampton Row et les soupers de Richmond avaient adouci sa vie.

Mais, au milieu d'eux, « être sombre » cherchant ce qui lui était refusé, il était resté seul 16. Et d'eux tous il ne se trouva que le pénétrant jeune Suisse pour soulever le voile : « Je crois que Gray n'avait jamais aimé, c'était le mot de l’énigme. Il en était résulté une misère de cœur qui faisait contraste avec son imagination ardente et profonde, qui, au lieu de faire le bonheur de sa vie, n’en était que le tourment. Gray avait de la gaieté dans l'esprit et de la mélancolie dans le caractère. Mais cette mélancolie n'est qu'un besoin non satisfait de la sensibilité » 163.

159. MW V 150. 160. Cf. sup. n. 04. 161. Elégie, vers 132. TO02 PPT 2823 163. MW V 187.

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