Theory of Painting, ibid., p
20. D’après Robert Wolseley. Cf. Spingarn, o. c. sup. n. 1, III, 17.
21. Dryden, 0. €. Sup. n. 1, II, 115-53. 22. Ibid., 123-4. 23. Tbid., 130-1. 24. Ibid., 132-3. 25 1014, 537. 26. Ibid., 146. 27. 1bid 130.
128 LES SENTIMENTS II-v
Gray *#. Si les beautés artistiques touchent le jeune humaniste, l'élève diplomate, il le dit peu et parce qu’il ne jugeait pas à propos de le dire. Addison, opportuniste lucide et souple, poursuit toujours un dessein qui tient sa personnalité prisonnière. On relit aujourd’hui les numéros du Spectator sur les plaisirs de l'imagination *°. Est-ce donc là une profession de foi subversive lancée dans un flot de sagesse? A vrai dire, l’auteur cherche l'assiette morale d’une nation ballottée du puritanisme à la bestialité; un souverain bien qui soit agréable. « Le souverain bien est dans l'entendement, non dans les sens », proclamait le vieux stoïcien 51. À quoi Locke répondait que les sens construisent l’entendement. L'heure venait de canaliser la sensibilité dans la bonne voie, de cultiver la bonne sensation. Le domaine intermédiaire et accueillant s’ouvrait de « l'imagination polie », située entre « le sens grossier » et «l’entendement » pur. Un appel éclatant invitait le lecteur à la découverte des jouissances supérieures de la vue, « le plus parfait et le plus délicieux de tous les sens » #?. L/œuvre artistique était remise en honneur, avec les beautés de la nature, par un homme d’une sensibilité naturellement très aiguë*3. Mais Addison condamnait le plaisir artistique goûté pour lui-même et banmissait de sa république tout art qui ne tendait pas au perfectionnement de l’homme 54, Poussé par Shaftesbury, il rénovait à l'usage du bourgeois la trinité du Vrai, du Beau et du Bien %5. Cette autre forme de platonisme devait porter des fruits inattendus %6. Elle restait, à ses yeux, rationnelle et utilitaire.
En Italie, Gray n’écrivait que pour lui-même, obéissant à un besoin intime de fixer ses émotions. Il voyage avec le même détachement que John Evelyn un siècle avant lui. Bousculé par son cicerone, ébloui par tant de trésors, celui-ci admirait hâtivement ; décrivait les marbres et les porphyres; évaluait les rubis et les émeraudes à la manière d’un expert 57. Il sentait sincèrement, mais avec une âme candide, et achetait de faux bronzes en carton, émerveillé de la ressemblance #8. Gray emportait, avec les Descriphons de Richardson, un bagage de notions empruntées. Il écoutait
28. C.S. Northup, Addison and Gray as Travelers, dans Studies in language and literature in celebration of the seventieth birthday of J. M. Hart, New-York, 1910, pp. 390-430. Les Remarques sur l'Italie sont dans le vol. I, pp. 356-538, de l’éd. Bohn.
29. Voir, par exemple, dans ses impressions sur Bologne, p. 503. Lire aussi sa Lettre à Halifax, ibid., p. 33.