‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 127 sur 446 · MW IV 271 (Baroche). 101. TF · texte numérisé non relu

MW IV 271 (Baroche). 101. TF

102, MW IV 227, 227, 239, 239, 247. 103. MW IV 242. 104. MW IV 293, TF 222, 221.

IT-v PEINTURE ET MUSIQUE 127

leurs crues, des teintes « rougeâtres et pâteuses sur les chaïirs, avec une mer et un ciel d’un bleu violent » 15. Il voulait des nuances et non point le « passage soudain de Îa lumière aux ombres les plus noires » 106, Ja lumière inondait son regard, l'éclairage intense du Noé après le Déluge, où « deux jeunes personnages se cachent les yeux, éblouis par la splendeur »; l’atmosphère dorée qui baigne le corps de la Vénus de l’Albane, « un miroitement dans les teintes, pareil à la clarté du soleil, qui lui donne une douceur et une beauté immenses » 107,

La formule d'Horace se renversait. L'art était une poésie, un enivrement; parfois une sublime extase, au spectacle des sujets grandioses. C'était un Saint Marc de Fra Bartolommeo, «figure colossale, avec un livre à la main. Style des plus nobles. Draperies aux plis merveilleux. Immensément grand ! » 108 C’était la coupole de Saint Andrea della Valle et ses Evangélistes : « Saint Mathieu... enjambant les nuages, la tête appuyée sur sa main, avec un mouvement noble, les yeux tournés vers le livre que soutient un ange. Saint Jean, que son aigle semble emporter au ciel, où il dirige ses yeux et ses pensées. Un de ses bras repose sur un volume tenu par un ange, l’autre brandit une plume... Ces deux personnages sont aussi beaux et aussi sublimes que possible, d’une stature immense, bien qu'on les voie à une immense hauteur » 1%. Et du Moïse brisant les Tables, œuvre du Parmesan, la vision du poète conserva l’ineffaçable empreinte : « C’est un clair-obscur conçu pour donner l'illusion d’une statue. Je n’ai jamais vu un personnage plus beau. Une flamme et une dignité prodigieuses dans son attitude » 110,

Les paysages possédaient un attrait plus prenant encore. Paysages faux peut-être, mais qui lui offraient des échappées lumineuses où son imagination se dispersait à l'infini, en lesquelles son être se fondait : « l’adorable clarté de soleil et l’universelle harmonie » de Claude le Lorrain 111; une scène de Salvator Rosa, « noblement tourmentée et sauvage; immenses vieux arbres, montagnes, rivière; aussi beau que possible » 112; une « baie avec des galères. d’une beauté exquise. Des rayons de soleil jouent sur l’eau. Un vieux château au milieu des pins. Personnages entrant dans l'eau et un navire à la voile au loin, se perdant dans l’air et la. clarté »2%,

Peut-on pénétrer jusqu’à l’âme de ces transports? On le croirait, à voir la sensualité épurée où flotte sa rêverie devant les images voluptueuses; sa curiosité à saisir le geste dont le hasard insidieux découvre la nudité des femmes. Au palais Barberini, il s'arrête au prétendu portrait de la maîtresse de Raphaël, belle brune au

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