à d. : des agitations du monde
43. AB 153-4. Cf. inf. IV i, pp. 311-2. Nous donnons ici une traduction plus littérale. 44. Buc. V, 62-4. ASRCAME NC RUES
46. Isslie Stephen, English Thought in the Eighteenth Century, Londres, 1902 (3° éd.), II, pp. 26-7. C’est ce thème que Thomson développait dans l’Hymne qui termine les Saisons.
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Mais West en « raffolait » et lui en conseillait la lecture 47. En s’adressant à son ami, cette page, assez marquante pour qu’il lait retenue, lui revint avec force : « Ici, à mi-hauteur de la montagne, une vaste bordure de bois épais abrite nos voyageurs harassés. Ils arrivent parmi les pins altiers et toujours verts, les sapins et les nobles cèdres..…. Une nouvelle terreur les saisit en voyant le jour obscurci par les ombres profondes du grand bois dont les cimes se referment et répandent les ténèbres et la nuit éternelle. Le calme profond de ces lieux impose le silence aux hommes frappés par les rauques échos de chaque bruit dans les spacieuses cavernes du bois. Ici l’espace étonne. Ie silence semble chargé de sens (pregnant), tandis qu’une force inconnue agit sur l'esprit, et que des objets indécis émeuvent les sens éveillés. On entend et on imagine des voix mystérieuses; et diverses formes de la divinité semblent se présenter et paraissent plus manifestes dans ces lieux sylvestres sacrés » 48,
Le transport religieux provoqué par le site s'accompagne d’un trouble hallucinatoire spécial. Par delà le dendromorphisme de Virgile #, nous atteignons les lieux prophétiques dont Orphée est le magicien. Là règne ce « fanatisme » considéré par Shaftesbury comme la marque de l'enthousiasme divin du poète 5. Milton a déjà entendu chanter l’âme du Thrace dans les forêts mystiques 51. Un morceau de bravoure introduit dans l'Eté représente Thomson marchant vers un bois « solennel et ténébreux », et se sentant parcouru par une « terreur sacrée, un austère enchantement ». Il entend les voix séraphiques de ses frères bienheureux, qui vivent désormais dans la paix sereine et l'harmonie. En cette sainte solitude, il reconnaît le siège de la méditation et de l’extase qui inspirait les vieux bardes. Transporté à son tour, il vient s'asseoir sur la roche qui domine le torrent et regarde, émerveillé, une abeïlle posée au bord du gouffre 5?. Très simplement, avec humour, Gray approprie sa vision aux circonstances, à son correspondant, son frère poète, son fiévreux ami. Ainsi passe devant son émotion le fantôme de l'imagination poétique. Ainsi la poésie naît d’un transport émotif. Aïnsi l'émotion poétique naît de la contemplation d’un spectacle grandiose.
Un autre sentiment se rattache aux précédents, et nous en dit la vraie source : c’est l’aspiration au repos. Le trouble réellement ressenti est, avant tout, physiologique. Ces montagnes altières, ce gouffre profond, brèche immense ouverte dans le sol, commu-