Spectator n° 414 (p. 598); n° 418 (p
202. « It is the part of a Poet to humour the Imagination in its own Notions, by men® ding and perfecting Nature » (Spectator n° 418, p. 603).
203. Sur la notion de beauté esthétique de la nature, cf. Ch. Lalo, o. c. sup. n. 1, pp. 63-137.
. 204. M. Reynolds, pp. 253-68. Voir aussi, pour Shenstone, H. A. Beers, À History of English Romanticism in the Eighteenth Century, New-Vork, 1916, pp. 126-8, et OFS, II, PP. 12-3.
205. Shenstone, Thoughts on Gardening, 0. c. Sup. n. 1, p. 103.
170 LES SENTIMENTS II-vi
faux paysage était la nature; le critérium pratique, la peinture; le modèle réel était la nature conventionnelle de Claude Lorrain ou de Salvator Rosa *%. Le résultat s'appelait « romantique ». Horace Walpole admirait Bridgeman **. Mason embouchait la trompette didactico-épique pour célébrer « les règles. qui perfectionnent les grâces négligentes de la nature » ?%.
Gray recherche bien le tableau : « On voit s'étendre un des plus délicieux paysages que l’art ait jamais tenté d’imiter », dit-il à Grasmere 20%, Cette formule de réalisation semble primordiale et nécessaire, I1 éprouve même un plaisir analogue à celui d'Addison devant la reproduction exacte de la chambre noire : « Je suis monté au Presbytère un peu avant le coucher du soleil, et j'ai vu dans mon miroir un tableau tel que, si je pouvais vous le transmettre et le fixer dans toute la douceur de ses vivantes couleurs, il se vendrait bien mille livres » 21°, Mason explique que « Mr. Gray emportait dans ses excursions un miroir plano-convexe de quatre pouces de diamètre environ, monté sur un fond noir et se repliant comme un carnet » 21, Chaque fois que le paysage lui paraissait beau, il s’arrêtait, regardait dans l'instrument : « Quel endroit pour mon miroir! » disait-il, au comble de l’admiration?!2. Il appréciait l’image réduite.
Gray acceptait aussi le jardin paysager 215. Il s'était indigné à Versailles, narquoisement, en précurseur de Musset : « Tout est forcé, tout est contraint. Statues et vases semés partout sans discernement; pains de sucre et petits pâtés d’ifs;, gribouillages de buis et méchants jets d’eau.., sans parler du plus sot des labyrinthes, ni des fables d’Esope dans un bassin » 214, Il voyait dans le jardin anglais une manifestation du « seul goût que nous puissions appeler nôtre; la seule preuve de talent original en matière d'agrément... Que les Chinois y aient excellé semble probable…., mais nous ne leur avons certainement rien emprunté, et nous n'avons eu pour modèle que la nature » 215. Il approuvait les embellissements du parc de Chatsworth : « Ce panorama est encore dans son enfance; les objets y sont clairsemés, les bosquets et les plantations tout nouveaux. Mais il promet bien pour plus tard »216, Dans un coin du domaine de Glamis, il découvre Île
206. M. Reynolds, p. 323. Cf. Mason, English Garden, 1, 65-6, 218. 207. M. Reynolds, pp. 259-60.
208. English Garden, 1, 5-7. Pour les idées de Mason sut l’art des jardins, cf. Draper, o. c. sup. IT iii n. 60, pp. 214-7.