‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 179 sur 446 · Commonpl. Bk. II, 891-032 (cf. CH 146); MM IV · texte numérisé non relu

Commonpl. Bk. II, 891-032 (cf. CH 146); MM IV

. 57. TL I 152. On conserve, au collège de Pembroke, une feuille de brouillon sur laquelle il avait calculé les Olympiades.

58. Commonpl. Bk. I, 186 et sq. (Cf. CH 139-40.) WM II 126-31 donne des exemples de ce travail.

HI-i GRAY AU TRAVAIL 193

en raccordant, au prix de calculs, de spéculations et de conjectures sans fin, les articles d’un médiocre dictionnaire ou les chapitres d’un plus médiocre abrégé 59.

Cette activité minutieuse et facile est frappée d'avance de banalité. I//effort est mécanique, l'assimilation insuffisante, le résultat stérile. Transcrire un texte ou dresser soigneusement un tableau devient une fin en soi; et l'on s'arrête. On y gagne pourtant le sens du détail, du document, de l'autorité du fait. Accumuler, fournit déjà une vaste connaissance. S'en satisfaire, c’est marcher lentement, mais avec beaucoup d'attention. On suit une ornière qui se ramifie en vingt branches. Le complexe vous entoure et vous attire. L'horizon grandit à chaque petit pas. Vous voulez toujours découvrir; et, comme vous êtes scrupuleux, vous voulez être sûr. La précision et l'exactitude deviennent votre idéal.

Curiosité et probité explorent alors le concret, et, toute précaution prise, se le donnent pour vrai. I1 faut poursuivre jusqu’au bout, sans notions improvisées ni demi-certitude. Gray redoutait l’avilissement des connaissances par l’ouvrage de vulgarisation «Le savoir vrai et profond ne s’acquiert jamais à de telles sources; on doit le puiser à la source première; et ceux qui se contentent de recueillir cette pauvre et superficielle documentation n’ont ni l'esprit, ni le zèle qu’il faut pour épuiser un sujet chez les auteurs originaux » °°, Cette idée, où s’appuie son orgueil d’érudit, est aussi à la base de sa méthode. Il dit de la mauvaise démonstration : « C’est de la vaine déclamation, un devoir d’écolier »; et du mauvais chercheur : « C’est un coquin; mais les coquins trouvent parfois de mauvais documents » 61, Il exige et savoure le renseignement authentique : « Si ces détails plaisent à votre palais, vous pouvez voir le tout, et bien d’autres curieux papiers, dans Rymer »%?. La Vie de Pétrarque, de l'abbé Jacques de Sade, l’a « diverti : elle n’est pas bien écrite, mais très curieuse et composée avec ses propres lettres et des pièces originales du quatorzième siècle » #5. Il a presque la superstition du manuscrit ancien. « Ne penserait-on pas que cela promette quelque chose? » Il se fait transcrire le parchemin; « ça ne vaut pas un sou » : sa déception est grande 54. Respectueux du texte, il crée un mot pour flétrir les « transcrivassiers » d’Aristote 5. Il cite toujours un auteur dans sa langue, « car on ne peut se fier, en pareil cas, à la traduction la plus exacte » 66, Quel que soit le sujet, il en adopte avec souplesse la technologie spéciale; et, tout comme il parle en naturaliste de poissons et de drogues en apothicaire, il traite en architecte des ornements, en armoriste du blason, et en cuisinier des potages 7.

59. Commonpl. BR. I, 372 et sq. (Cf. CH 141, 158-0, et inf. III ii, pp. 211-2.) 60. TI, II 290. 6T. CI IT 286, 287. 62: CTCIT TAr:

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