GW IV 13, 22-3, 40-I
tions au delà des mers ®7. Et quand il ne pouvait voir, il disait : « L'allusion contenue dans ces vers est trop obscure à cette distance dans le temps » 5. Ainsi se mesure et se qualifie son effort.
Les Notes sur Platon représentent une série d’études dont les phases, ainsi que la raison première, nous échappent. Sans doute, malgré l'effacement de Cudworth devant Locke, le culte de l’Académie se maintenait-il à Cambridge comme une tradition. Dès 1744, nous trouvons Gray à la leçon inaugurale du professeur Fraigneau, de Trinity College, sur Socrate %?. Peut-être y trouvat-il quelque stimulant, car on le voit bientôt compulser les philosophes grecs avec le médiocre secours de Diogène Laërce ”. Quant à la transcription des Notes dans le Commonplace Book, on la peut approximativement répartir entre 1747 et 1754 1.
Décevants résultats d’un travail poursuivi pendant tant d’années. La plupart des œuvres réduites à des analyses d’inégale étendue, et celles-ci superficielles, erratiques, s’attachant moins à dégager une pensée qui leur paraît souvent inaccessible qu’à marquer les péripéties du dialogue; sur toutes, des remarques éparpillées au hasard de la fantaisie ou des connaissances acquises : telle est l'impression première. Que la critique platonicienne ait avancé d’un pas, nul n’oserait le soutenir. Que ce long contact soit demeuré sans influence sur les idées de Gray méritera quelque attention.
Soulignons seulement ici sa même volonté de réalisme historique. Situer le texte dans sa vraie perspective, à la lumière des événements, des croyances, des mœurs, de toute contingence, voilà son souci constant. Mieux qu'auparavant, il indique ses références, et l’on devine au prix de quelles recherches il tissait sa trame. Tantôt un souvenir d'Hésiode ou de Théocrite, tantôt une confrontation avec Hérodote ou Eschine, jettent une clarté. Pausanias, Julius Pollux ou Athénée sont tour à tour mis à profit 7? Non pas aveuglément; car il pesait les conseils de Serranus et les avertissements de Casaubon; il vérifiait chez un Meursius telle particularité des Mystères, chez un Hardion tel problème de rhétorique; étudiait chez Réaumur ou chez Tournefort l'anatomie des cigales *#. I1 consultait l'abbé Sallier, le sachant occupé à un travail semblable 4 Il faisait la leçon à Dacier; puisait dans Lysias ou dans Antiphon des arguments contre l’Archéologie de Potter; reprochait au prodigieux Casaubon lui-même, son maître le plus certain en la matière, d’avoir oublié son Thucydide "5.