‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 196 sur 446 · TIbid., 280. 97. Voir CH · texte numérisé non relu

TIbid., 280. 97. Voir CH

212 L'ACTIVITÉ INTELLECTUELLE III-ii

dage? Dans l'échantillon prélevé *#, le lecteur pour qui l’histoire du domaine des Bouïdes aux environs de l’an mille n’a plus de secrets, reprochera à Gray d’avoir confondu les Djasatanides du Daïlam et les Ziarides du Djurdjan, d'ignorer que cinq descendants de Qâbüs régnèrent encore après Minûtshihr. Il reconnaîtra du moins qu'avec de mauvais instruments, il reconstitue deux tronçons exacts; que s’il met ceux-ci bout à bout, au lieu de les placer côte à côte, c’est par la faute de d'Herbelot; qu’il les avait établis avec assez de soin pour discerner les incompatibilités *?. Quant au profane, il estimera futiles tant de soins. Mais si toute minutie enferme son univers, il admirera peut-être cet examen au mucroscope d’une parcelle d'histoire mal dégrossie, cueillie au fond de la Perse, à huit cents ans de distance. Il imaginera le plaisir de notre bénédictin à manier ces noms étranges et à se les rendre familiers; à reconstruire la succession de ces gloires et de ces jalousies de palais, ces épisodes d'honneur et de vengeance, ces sombres assassinats d’esclaves intrigants, la grandeur éphémère de ces dignités célestes et l’ignominie de ces tyrans, les éternelles vertus et les éternelles bassesses colorées de teintes lointaines. Gray avait le sentiment de recréer, à force d'attention, des drames oubliés; de retracer des vérités perdues sur le tableau des connaissances rares.

Son second travail relève de l’histoire et de la géographie. On a prétendu qu'il voulait éditer Strabon 1%. D’après ses manuscrits, on penserait plutôt à une traduction annotée des Geographi minores, et même à quelque projet plus original 11. Plusieurs tournures de phrase y confirment sa velléité de publier. La formule, souvent redite, d’une « comparaison entre les géographes anciens et modernes » exprime l’idée dominante, renouvelée de Philippe Biret 122. Quant à l'exécution, elle hésite au gré d'enquêtes fragmentaires espacées sur une longue période. On peut compter une dizaine d'années entre le jour où Benjamin de Tudèle le conduisit en Palestine et son dernier article sur la Perse 1%. Outre les livres déjà cités, sa bibliographie comporte une importante collection de géographes grecs, des fragments de géographes arabes, divers traités de navigation et les travaux de l’école française : ceux de

98. Dynasties of the Mid-Regions of the Khalif’s Empire (cf. CH 158-0).

99. Gray a établi sa généalogie avec d’Herbelot, article Dilem et articles sur les divers personnages, De 1 à 4 et de 6 à 10, les descendances sont respectivement correctes; mais ces deux groupes correspondent à deux dynasties distinctes. Mâkân (5) était un gouverneur Alide de Tabaristan. Dans l’ensemble, les dates sont fausses. Le lecteur qui autait la curiosité de vérifier ces dynasties se reportera à E. de Zambaur, Manuel de Généalogie et de Chronologie pour l'Histoire de l'Islam, Hanovre, 1927, pp. 192, 210-1.

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