WM II
121. WM II 274-8; 235, 249; 239; 287, 235-6; 243; 255 el Sq.; 257; 255, 257. 122. Cf. WM II 281.
123. Pour Norden, cf. TL, I 199; pour Condamine, WM II 201. Les autres auteurs figurent dans les bibliographies du Commonpl. Bk.
216 L'ACTIVITÉ INTELLECTUELLE III-ii
a chronique ou de l’hyperbole sonore de l'épopée, c'est par l'intermédiaire de la démonstration. Le drame historique shakespearien veut déjà édifier. Et quand s'achève la bataille où l’on a emprunté au passé des armes de controverse, l'heure plus sereine interroge les siècles sur les desseins de la Providence où demande à la « leçon des faits » 1% un gouvernement plus rationnel, une sagesse civique mieux éclairée. On passe de l'historiographie à l’histoire par le désir de conclure.
Or les temps étaient disposés à rassembler les données et à poser les prémisses; à substituer même au principe de déterminisme théologique provisoirement érigé par Bossuet celui de l'évolution interne des peuples. Depuis la fin du seizième siècle, on ressuscitait des parchemins poudreux, tandis que l’humanisme septentrional, s’efforçant de distinguer le protestant du papiste, mais aussi le Germain du Latin, préparait la vaste conversion vers le nord-ouest, la revanche des « Barbares », qui, à tous égards, caractérise l’ère nouvelle 1%. La confusion des documents, l’esprit de parti, le danger, dans les royaumes absolus, de s'exprimer librement retardent la marche. Malgré ces obstacles, de Jean Bodin ° à Lenglet-Dufresnoy ‘, de Degory Wheare" aux Lettres de Bolingbroke, le même motif appelle la même recherche d’une méthode d'interprétation : encore un domaine où le programme de Bacon peu à peu se déroulait 1?6,
L'Italie cependant conservait le prestige d’une vieille tradition, de brillantes réalisations littéraires, et, avec Vico et Muratori, l'avantage des initiatives. Dans quelle mesure sa connaissance de l'italien et son séjour dans le pays influencèrent-ils les études de Gray? Il est impossible d'affirmer qu'il fréquenta le Cimento 127, Mais il n’en ignora pas les activités et rencontra au moins Antonio Cocchi ?*#. Il n’en fallait pas plus pour lui révéler l’école qui appliquait à l’érudition une « expérience » née des enseignements de Galilée. Là même où Algarotti avait composé son Newtonisme pour les dames, on ne peut oublier qu’il mit sur le métier son De Principirs Cogitandi #. Ne pouvait-il retirer aussi quelque leçon des historiens qui fondaient la science nouvelle 159 en explorant le moyen âge dans les bibliothèques et les archives? Pendant
124. Cf. D. Mornet, La Pensée française au dix-huitième siècle, Paris, 1929, pp. 105-6.
125. Cf. G. Lanson, Voltaire, Paris, 1906, pp. 107-10; F.J.C. Hearnshaw, The Science of History, dans An Outline of Modern Knowledge, Londres, 1931, pp. 787 et sq.
126. Bacon, Advancement of Learning, Il; Bodin, Methodus legendi historiam, 1566; Langlet-Dufresnoy, Méthode pour étudier l'histoire, 1713; Degory Wheare, Method of reading Histories, 1623. Pour les lettres de Bolingbroke, cf. Leslie Stephen, Thought, o. c. sup. IT vi n. 45, II, 173. Voir aussi Edmund Bolton, Hypercritica, dans Spingarn, o. c. sup. IV n1, I, pp. 82-r7s.
127. Sur cette académie, cf. H. Hauvette, Littérature italienne, Paris, 1921 (5° éd.), PP. 340-6.