WM II
à montrer L,ydgate demandant pardon aux femmes des méchancetés qu'il leur a dites, une pointe d'humour sur ce Bénédictin épris de la bouteille 17°. Par dessus tout, le souci d'expliquer l'œuvre par l’homme, en consultant sa vie, son tempérament, sa condition de religieux; de l’éclairer par une juste notion de l'interdépendance de l’œuvre et du milieu social 15°.
Dans l'enthousiasme de l'innovation, cette méthode a ses illusions. L/accentuation correcte des mots d’origine française n’aplanit pas toutes les rugosités de la versification du poème 1#1. Bien qu’il range Lydgate au-dessus de Chaucer, Gray, oubliant l’art du maître, excuse trop promptement le bavardage du disciple en invoquant la curiosité enfantine de l'auditoire 1#?. Reprocherat-on au sensible poète d’être trop sensible au pathétique facile des adieux de Canacé à Macarée? 1% Avec le premier essai d’interprétation psychologique, en voici la première rançon. Il n'en ressort pas moins qu’une œuvre se doit juger avec une sympathie éclairée et équitable, et non pas en fonction d’un archétype; qu’elle est le produit d’un moment historique et possède ses qualités propres : la vraie critique est là.
Avec le Metrum, ou observations générales sur la versification, le désarroi commence. Contester la statistique de cinquante-neuf combinaisons possibles des différents mètres en strophes différentes serait aussi inutile que la statistique 184 Celle-ci révèle du moins une initiation aux œuvres du Moyen Age et de la Renaissance encore exceptionnelle. Quant au sujet de l’essai lui-même 185, on ne saurait le définir. Entre deux idées court une arabesque.
Chaucer scande son vers avec une régularité parfaite; sachons seulement accentuer ses mots et nous rappeler les libertés accordées par l’époque à la valeur des finales. (Grand progrès sur Urry, sur tous les copistes et leurs ignorantes corrections. En lui apprenant à discuter du ge- anglo-saxon ou de l’infinitif en -an comme du digamma, Bentley a rendu Gray plus sage que Spenser : victoire de la philologie.) Ces phénomènes linguistiques ne sont pas isolés. Comparez avec les observations de Crescimbeni, Commentarres, livre IV, sur les manuscrits de Bacterino, de Boccace et de Pétrarque. Voyez le dictionnaire de Sommer. Voyez les propres déclarations de Chaucer, fin de Troïlus, et Renommée, livre III: celles de Lydgate, Chronique de Troie, page 316. Rappelez-vous les syllabes redondantes dans le Purgatoire et le Triomphe de l'Amour; les terminaisons en provençal; l'influence abréviative
du germanique. (Victoire de l’observation positive, de l’induction qui dissipe l'erreur.)
179. WM IT 66, 56-7, 76-80, 59; 75-6; 75; 55. 180. WM II 55, 70; 56-61. 181. WM II 61-2.